Il est grand temps que ça bouge

Le palais de justice de La Tuque, où les... (Audrey Tremblay)

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Le palais de justice de La Tuque, où les juges et les avocats qui y pratiquent réclament une intervention pour rendre les lieux plus sécuritaires et mieux adaptés à l'administration de la justice.

Audrey Tremblay

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

La question des délais judiciaires est devenue un sujet chaud au cours des derniers mois. Depuis l'arrêt Jordan, il y avait péril en la demeure et la ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, n'a eu d'autre choix que de prendre des mesures concrètes pour remédier, au moins en partie, à ce problème.

Mais la question des délais de traitement n'est pas la seule à porter ombrage à notre système de justice. Les conditions dans lesquelles celle-ci est administrée sont parfois dignes d'une autre époque. Ou d'un pays en voie de développement. 

C'est le cas à La Tuque, où ce que l'on appelle «palais de justice» n'a rien d'un «palais». Depuis quelques années, les juges et les avocats qui y pratiquent réclament une intervention pour rendre les lieux plus sécuritaires et mieux adaptés à l'administration de la justice.

Il y a enfin une lueur d'espoir. Une rencontre prévue ce mois-ci entre les responsables du ministère de la Justice et la communauté juridique locale devrait permettre d'avancer dans l'élaboration des plans finaux de rénovation des locaux servant de palais de justice à La Tuque.

Il était grand temps que ça bouge.

L'intervention, au début de l'automne, du bâtonnier de la Mauricie, Me Simon Ricard, est venue ajouter à la pression déjà forte sur les représentants ministériels. Sa lettre à la ministre Stéphanie Vallée insistait sur l'urgence d'agir. Avant lui, son prédécesseur Me Alain Blanchard, estimait déjà la situation comme étant «alarmante».

Mais c'est peut-être la sortie médiatique de l'avocate Mélanie Ricard, en 2015, qui a peut-être sensibilisé plus de monde aux conditions de pratique exécrables à La Tuque. La population, généralement assez loin des espaces physiques servant à l'administration de la justice, avait maintenant une idée du ridicule de la situation à La Tuque.

Le problème en haute Mauricie en est un de sécurité et de confidentialité. Et de salubrité aussi.

Il faut savoir que le palais de justice, à La Tuque, ça se résume à des locaux loués à l'étage du Carrefour La Tuque. Il n'y a pas d'accès distincts pour les juges ou pour les prévenus. Dans les corridors se croisent donc des juges, des avocats, des accusés, des victimes ou des membres des familles de ces derniers. Non seulement ce n'est pas souhaitable, mais c'est très risqué. Que fait-on de la présence de personnes en crise ou de personnes qui souffrent de troubles mentaux? Des accès de violence peuvent se produire n'importe quand. Il y a un sérieux problème de sécurité pour toutes les personnes qui travaillent au palais de justice ou qui s'y trouvent.

Des avocats doivent rencontrer leurs clients dans une cellule où se trouve une toilette non cloisonnée. Ou quand ces espaces sont occupés, ils vont dans la toilette destinée aux agents de services correctionnels.

Pourtant, nous sommes en 2017.

La bonne nouvelle, c'est que le projet de rénovation du palais de justice de La Tuque est maintenant dans les cartons du ministère. On estime à 1,3 million $ le coût des améliorations nécessaires.

Il faut maintenant souhaiter que cette inscription au Plan québécois des infrastructures 2016-2026 débouche rapidement sur un projet concret et adapté aux besoins. Si on voulait faire un clin d'oeil aux politiciens amateurs d'expressions idiomatiques, on pourrait dire qu'il est impératif que les bottines suivent les babines.

Il n'y a pas de raison que ceux et celles qui oeuvrent à l'administration de la justice à La Tuque soient moins bien protégés que leurs collègues d'ailleurs au Québec. Il n'y a pas de raison que leurs propos ou ceux des prévenus soient moins confidentiels que dans d'autres palais de justice.

C'est bien beau vouloir améliorer les délais judiciaires, mais la question des espaces physiques adéquats est aussi importante.

On attend maintenant les annonces. En se croisant les doigts pour qu'aucun incident ne survienne d'ici là.

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