Internet accessible ...et abordable?

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Est-ce un voeu pieux de souhaiter que tous les foyers du Canada, même dans les régions les plus éloignées ou isolées, puissent avoir accès à Internet à large bande? En tout cas, ce n'est pas demain la veille que la volonté du CRTC se concrétisera.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'heure est aux réjouissances dans les campagnes et ce n'est pas seulement à cause de Noël qui est à nos portes. En une semaine, deux paliers de gouvernements réitèrent l'importance de doter toutes les régions d'un accès à Internet haute vitesse. Le CRTC, notamment, vient de consacrer ce service comme étant essentiel.

Rendre Internet accessible est une chose, mais le rendre abordable en est une autre. Le CRTC, dans l'annonce qu'il a faite mercredi, n'a que très vaguement évoqué la question des coûts reliés à ce service.

Est-ce un voeu pieux de souhaiter que tous les foyers du Canada, même dans les régions les plus éloignées ou isolées, puissent avoir accès à Internet à large bande? En tout cas, ce n'est pas demain la veille que la volonté du CRTC se concrétisera.

Pourquoi? Parce qu'il faudra des milliards de dollars pour déployer un tel réseau et s'assurer d'une certaine équité dans l'accès à Internet haute vitesse. Le CRTC lui-même a reconnu que la question des coûts était un obstacle.

Il faut donc saluer la mise en place d'un fonds de 750 millions $ destiné aux entreprises de télécommunications qui voudront bien faire un effort en ce qui a trait à leurs infrastructures à large bande et à leur déploiement hors des grands centres urbains.

Le hic, c'est que la première tranche de 100 millions $ de ce fonds proviendra d'un fonds qui subventionne actuellement les services téléphoniques dans les régions isolées. Déjà que la couverture cellulaire est loin d'être complète. Notre propre région en sait quelque chose.

La seule indication concernant les coûts du service est cette mention selon laquelle les entreprises de télécommunications qui voudront avoir accès au fonds devront garantir un prix fixé d'avance pour le service. Malheureusement, on n'a établi aucune limite, contrairement à la mesure récente visant à favoriser l'accès à la télévision par câble avec un forfait de base plafonné à 25 $.

Le CRTC estime qu'environ 82 % des ménages et des entreprises ont un accès convenable à Internet haute vitesse. On souhaiterait voir cette proportion franchir les 90 % d'ici quatre ans, et à 100 % d'ici 10 à 15 ans. C'est ambitieux, mais il semble y avoir un alignement de planètes favorable à l'amélioration de ce pourcentage.

Pas plus tard que la semaine dernière, le gouvernement fédéral annonçait de son côté la création d'un fonds de 500 millions $ pour soutenir la construction d'infrastructures pour Internet à large bande dans les régions éloignées et rurales.

Et lundi dernier, le gouvernement provincial lançait un appel de projets dans le cadre de son programme «Québec branché», qui permettra de soutenir des villes, des MRC ou des entreprises. L'objectif d'avoir un branchement adéquat accessible à tous les Québécois d'ici 2021 est collé sur l'objectif fédéral.

Dans la région, les défis sont importants pour atteindre cet objectif, mais il y a des projets sur la table. Certains sont déjà bien avancés et d'autres seront réactivés grâce aux programmes disponibles. 

Les statistiques les plus récentes concernant le branchement des ménages à Internet remontent à 2013. La Mauricie et le Centre-du-Québec ont une proportion de ménages branchés qui est inférieure à la moyenne provinciale. Alors que l'enquête de l'Institut de la statistique du Québec démontre que 81,6 % des ménages québécois avaient accès à Internet en 2013, ce pourcentage était de 77,8 % pour le Centre-du-Québec et de 78,3 % pour la Mauricie. Dans Mékinac, la proportion n'était que de 70,7 %. Les écarts entre les pourcentages des MRC ou des régions et la moyenne provinciale étaient sensiblement les mêmes en ce qui a trait aux chiffres pour l'accès à haute vitesse.

Il reste donc du chemin à faire. Et il faudra surtout s'assurer que si l'infrastructure parvient à répondre à la demande, le coût pour le consommateur ne soit pas prohibitif.

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