L'année de tous les répits

À Bécancour, le gel des taxes apparaît comme... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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À Bécancour, le gel des taxes apparaît comme miraculeux après une série d'augmentations au cours des dernières années.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Après les Trifluviens, les Nicolétains et les Louisevillois la semaine dernière, c'est au tour des contribuables de Shawinigan et de Bécancour de pousser un soupir de soulagement quant à leur compte de taxes municipales.

S'il est facile d'associer de tels élans de magnanimité à l'année électorale qui commence, les élus municipaux continuent de le nier et vantent plutôt leur gestion serrée ou l'absence d'imprévus. Peu importe la raison, c'est tant mieux pour les contribuables.

Le refrain traditionnel des maires qui présentent des hausses de taxes est celui de l'inflation ou de la variation de l'indice des prix à la consommation. Le maire de Trois-Rivières est passé maître dans l'établissement d'une corrélation systématique entre l'inflation et une hausse de l'impôt foncier.

Si un tel exercice se justifie sur le plan économique, il exclut d'emblée toute autre considération plus humaine. Parce que les maires adeptes de la stratégie inflationniste ne tiennent pas compte du fait que le salaire de ceux qui payent les taxes année après année ne suit que très rarement l'évolution de l'inflation. L'apport de revenu additionnel dans les foyers est en proportion plus bas que les hausses infligées annuellement par les administrations municipales.

En un mot, les villes et les municipalités sont en partie responsables de l'appauvrissement de leurs propres citoyens.

Devant un tel constat, une hausse légère des taxes produit pratiquement le même effet qu'un gel ou une baisse. Nombreux sont ceux qui se disent qu'ils l'ont échappé belle.

À Shawinigan, la hausse moyenne des taxes est de 1 %, ce qui passe beaucoup mieux que la hausse moyenne de 3,2 % imposée l'an dernier à pareille date et attribuable en bonne partie à la reprise du contrôle des insectes piqueurs. Il faut dire que la Ville avait pris soin de procéder à une réduction importante de ses propres dépenses de fonctionnement. 

Cette année, le taux de taxe foncière augmente de 1,6 %, mais la contribution pour le service de transport en commun et le service de la dette recule, ce qui donne un peu de répit aux contribuables.

À Bécancour, le gel des taxes apparaît comme miraculeux après une série d'augmentations au cours des dernières années. Depuis 2014, les contribuables avaient droit à des hausses dont la moyenne était de 3,1 % annuellement. Pour 2017, le gel est attribuable en partie au règlement sur l'évaluation de la centrale nucléaire Gentilly-2. Comme quoi la fermeture de celle-ci n'aura pas eu que des conséquences catastrophiques.

Partout on entend les maires dire que de tels budgets et de tels règlements de taxation avantageux n'ont aucun lien avec le fait que la prochaine élection municipale aura lieu en novembre prochain. 

On peut leur concéder que ce n'est peut-être pas l'unique raison, mais il ne faut pas prendre les contribuables pour des valises non plus.

C'est vrai que les villes et les municipalités ont appris à gérer les impacts du pacte fiscal. C'est vrai que les rôles d'évaluation sont à la hausse un peu partout. C'est vrai que la hausse de l'inflation est moins marquée qu'il y a quelques années. C'est vrai qu'il y a des mesures de rationalisation des dépenses administratives.

Mais c'est aussi vrai qu'il y a une échéance électorale et que la plupart des maires en poste ont bien l'intention de solliciter une fois de plus la confiance de leurs citoyens.

Et ça, c'est bien plus facile à faire avec un électorat qui a en tête un gel, une baisse ou une hausse minime plutôt qu'un 2,5 % ou un 3 % d'augmentation.

Ce qui sera intéressant, ce sera de voir les résultats financiers qui découleront de ces cadeaux aux contribuables. Les surplus seront-ils moindres? 

Ne comptons pas trop là-dessus. Les rapports sur la situation financière se font l'automne, au moins quatre semaines avant le dépôt du budget.

Dans bien des cas, ça veut dire que ce sera tout juste avant les élections.

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