Voyant rouge pour les libéraux

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Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, en compagnie de son candidat victorieux dans Arthabaska, Éric Lefebvre

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

On a beau dire que les libéraux de Philippe Couillard n'avaient pas grand-chose à perdre dans les quatre élections complémentaires tenues lundi, mais il reste qu'un voyant rouge vient de s'allumer sur le tableau de bord de la formation politique.

Malgré une victoire - moins convaincante que d'habitude - dans Verdun, les libéraux viennent de voir leurs appuis chuter de façon dramatique dans les autres circonscriptions où des partielles ont eu lieu. Et ce qui est dramatique, c'est que Marie-Victorin, Saint-Jérôme et Arthabaska sont des circonscriptions essentiellement francophones.

Ce que ça pourrait signifier, c'est que si le Parti libéral ne réajuste pas le tir, il risque de perdre plusieurs circonscriptions francophones qui lui ont permis de prendre le pouvoir lors des élections générales de 2014. Comme celles de la Mauricie.

Si le vote francophone n'est pas plus favorable aux libéraux, ceux-ci peuvent faire une croix sur certaines circonscriptions de la région aux élections de 2018. Déjà en 2014, les victoires libérales dans Trois-Rivières, Maskinongé, Champlain et Saint-Maurice ont été des victoires à moins de 40 % des voix. 

Non seulement le Parti québécois pourrait-il faire mieux que lors de la dernière élection générale, mais la Coalition Avenir Québec est aux portes de la Mauricie, particulièrement sur le flanc sud. Avec la victoire du candidat caquiste Éric Lefebvre dans Arthabaska, c'est tout le Centre-du-Québec - les circonscriptions de Nicolet-Bécancour, Drummond-Bois-Francs, Arthabaska et Johnson - qui est aux couleurs de la CAQ.

Bien sûr, une partielle demeure une partielle et l'humeur des électeurs ne peut pas être transposée directement à ce qu'elle pourrait être en octobre 2018.

Toutefois, la récente embellie que souhaite mettre de l'avant le gouvernement Couillard, même jusqu'en point de presse avec trois ministres la veille des partielles, ne semble pas encore convaincre la population. Les deux années d'austérité pèsent encore lourd dans la balance.

Ajoutez à cela les bévues éthiques et les révélations sur des scandales impliquant des libéraux à l'époque de Jean Charest et vous avez tous les ingrédients pour alimenter non seulement le cynisme, mais la colère de l'électorat.

Il suffit de regarder le pourcentage des votes recueillis par les libéraux dans les quatre circonscriptions lundi pour constater une inquiétante dégringolade. Même dans Verdun, qui est souvent considérée comme un château fort libéral.

Philippe Couillard a sérieusement intérêt à laisser de côté les lunettes roses pour analyser les résultats des partielles. C'est vrai que c'est le statu quo pour ce qui est de la répartition des sièges à l'Assemblée nationale, mais celui-ci est loin de refléter un «beau fixe» dans l'humeur de la population.

Les libéraux ont beau avoir rétabli l'équilibre budgétaire et même dégagé des surplus budgétaires, la population garde surtout en mémoire le prix de cet équilibre supposément retrouvé. Les compressions qui ont frappé de plein fouet les services à la population laissent encore un goût amer.

Mardi, Philippe Couillard affirmait - le plus sérieusement du monde - que son gouvernement avait «littéralement sauvé le Québec». Décidément, les électeurs de Saint-Jérôme, de Marie-Victorin, d'Arthabaska et d'une bonne partie de Verdun ne semblaient pas avoir le même enthousiasme envers ce gouvernement supposément salvateur.

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