Quelque chose de rassurant

L'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt.... (Archives La Presse Canadienne)

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L'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En cette semaine difficile pour la réputation de notre système de justice, le plaidoyer de culpabilité de l'ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt, permet de pousser un certain soupir de soulagement. Il est encore possible de ne pas échapper à la justice.

Un tel dénouement aura un impact évident sur la population, qui devenait de plus en plus cynique envers l'administration de la justice et qui tendait de plus en plus à croire que Gilles Vaillancourt n'irait jamais derrière les barreaux.

Or, l'enregistrement d'un plaidoyer de culpabilité à trois chefs d'accusation pour fraude, complot pour fraude et abus de confiance est assorti à une incarcération sur-le-champ, avant même le prononcé de la sentence. La proposition commune de la Couronne et de la défense est de six ans de prison.

Ce n'est pas rien. L'homme est rendu à 75 ans. Le fait de le voir purger une peine d'emprisonnement envoie un message semblable à celui qu'avait envoyé l'incarcération de l'ex-lieutenante-gouverneure Lise Thibault. L'image est forte et influence certainement la perception du public.

Davantage, en tout cas, que les regrets exprimés par le principal intéressé. L'ex-maire de Laval a beau dire qu'il regrettait sincèrement les erreurs qu'il avait commises et la peine qu'il a causée à sa famille, ses amis et aux citoyens de sa ville, on retiendra surtout que cela contraste brutalement avec ce qu'il avait dit lors de sa comparution, en mai 2013. L'accusé, qui avait alors plaidé non coupable, disait alors avoir beaucoup d'arguments à faire valoir et qu'il allait consacrer ses énergies à préparer sa défense et à prouver son innocence.

Ce que tout cela démontre, avec des discussions qui ont mené au plaidoyer de culpabilité, c'est que les enquêteurs ont pu monter une preuve solide qui présentait peu de brèches.

Ce que tout cela peut laisser supposer, aussi, compte tenu du contexte actuel et du débat sur les délais dans le système judiciaire, c'est qu'il y a peut-être eu volonté de régler rapidement, histoire de sauver la face et démontrer que la justice peut encore faire son oeuvre. Même si les accusations envers Gilles Vaillancourt ont été déposées avant que ne soit prononcé l'arrêt Jordan, sur les délais maximaux dans les procès criminels, cette question demeure toujours présente, comme une épée de Damoclès au-dessus du système de justice.

L'autre aspect de cette étape qui vient mettre un peu de baume sur les irritants perçus par la population en général, c'est le remboursement de sommes importantes par Gilles Vaillancourt. L'ex-maire remboursera 8,5 millions $ et transférera la propriété de son condo de 1 million $ à la Ville de Laval. 

L'actuel maire Marc Demers a bien raison de dire que les dommages causés par la collusion et la corruption à la Ville de Laval dépassent de beaucoup la capacité de payer de M. Vaillancourt. Du même souffle, il se dit convaincu d'avoir obtenu «le maximum d'argent possible», mais on ne saura probablement jamais si le remboursement correspond aux sommes illégalement obtenues par la collusion et la corruption.

Au-delà des considérations reliées à la peine d'emprisonnement et au remboursement d'actifs, ce sont surtout les conséquences morales de cette affaire que l'on retiendra. Gilles Vaillancourt, dans ses excuses, ne pouvait pas mieux dire: il a accompli de grandes choses à Laval, mais les erreurs qu'il a commises ne sont pas acceptables.

Et c'est malheureusement ce que l'histoire retiendra du personnage.

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