Les jeux d'eau de la discorde

Les jeux d'eau prévus sur l'esplanade de l'Amphithéâtre... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Les jeux d'eau prévus sur l'esplanade de l'Amphithéâtre Cogeco.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

C'est finalement sur une question de fontaine ou de jeux d'eau que sont lancées les premières notes discordantes devant servir de prélude à la campagne électorale de 2017 à Trois-Rivières.

Le conseiller du district des Estacades, Pierre-Luc Fortin, vient d'ajouter sa voix à celle de son collègue Jean-François Aubin dans le dossier saugrenu de l'installation de tels équipements sur l'esplanade de l'Amphithéâtre.

Il fallait certainement du courage pour s'exprimer ainsi, par voie d'une lettre d'opinion parue dans nos pages mardi matin, contre un projet qui apparaît cher au maire Yves Lévesque.

Avant lui, le conseiller du district de Marie-de-l'Incarnation, Jean-François Aubin, avait signifié qu'il s'opposait à ce projet de jeux d'eau sur le parvis de l'Amphithéâtre. Le conseil doit se prononcer lundi prochain.

Il existe à Trois-Rivières - comme dans la plupart des grandes villes sans doute - une règle non écrite selon laquelle les conseillers municipaux des districts électoraux qui ne sont pas touchés par un projet à caractère local s'en remettent à l'opinion de leur collègue représentant le district en question.

Ça se fait depuis des lunes. Sur des questions aussi variées que des modifications au zonage, des dérogations mineures en matière d'urbanisme, des changements au déneigement ou des aménagements de loisirs.

Est-ce que l'aménagement de jeux d'eau sur l'esplanade de l'Amphithéâtre deviendra une exception à cette règle? Ce serait dommage qu'on privilégie la vision du maire à celle du conseiller du district. 

Non seulement Jean-François Aubin considère qu'il n'y a pas vraiment de besoin pour des jeux d'eau à cet endroit - dans son district -, mais il élargit aussi sa réflexion à la nécessité de mettre un frein aux dépenses reliées à l'Amphithéâtre. 

Son collègue Fortin partage ce point de vue, mais il considère aussi qu'il s'agit d'une dépense superflue considérant les besoins ailleurs sur le territoire de la ville.

La démarche des deux élus soulève non seulement une réflexion intéressante sur les ajouts que l'on veut faire autour de l'Amphithéâtre, mais aussi et surtout sur l'impression d'opulence ou de luxe qui se dégage de ce projet spécifique. Il se trouve certainement beaucoup de citoyens pour dire que ce serait joli, que ce pourrait être un complément intéressant, que ça bonifie l'offre touristique de l'Amphithéâtre.

Mais il s'en trouve autant, sinon plus, pour dire que la capacité de payer des contribuables est maintenant exploitée à sa limite. Et qu'ils n'ont pas envie que les hausses de taxes qu'on leur sert immanquablement année après année servent à payer de telles fantaisies architecturales ou urbanistiques.

Au conseil trifluvien, les grands épanchements sur la place publique, courants dans le mandat précédent, semblaient devenus chose du passé. Depuis l'élection de 2013, les débats se faisaient à l'interne, les désaccords s'exprimaient en privé. Cette fois, c'est une brèche qu'on laisse apparaître dans cette impression d'harmonie.

Il ne faut pas s'en étonner. La prochaine élection est dans moins d'un an maintenant. Les conseillers se positionnent. Ils sont en mesure de juger le pouls de leurs électeurs. Au sujet de la fontaine - devenue soudainement des jeux d'eau -, la grogne a été vive, notamment sur les réseaux sociaux.

Il sera intéressant de voir si d'autres conseillers se rallieront à la position exprimée par leurs collègues Aubin et Fortin. Ou s'ils deviendront les béni-oui-oui d'un maire et de son projet inutile.

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