Gratter là où passe la gratte

Le déclassement du déneigement sur la route 155... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Le déclassement du déneigement sur la route 155 Nord inquiète.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On n'en finit plus de découvrir les tours de passe-passe que le gouvernement libéral de Philippe Couillard a utilisés pour réaliser un surplus de 2,2 milliards $.

On connaissait les conséquences dans les CHSLD, dans le système d'éducation, dans les réseaux de développement économique et régional, dans le secteur communautaire. Facile de bomber le torse sur des surplus artificiellement obtenus après plusieurs années d'austérité. 

Or, voilà qu'on découvre que les économies de bouts de chandelle touchent aussi les transports et plus particulièrement la sécurité des usagers de certaines routes. La cupidité du gouvernement passe aussi par le fait d'être «gratteux» sur le déneigement des routes. Des décisions administratives font en sorte que des routes sont moins bien déneigées selon une cote qu'on leur attribue en fonction de différents critères.

Dans la région, le tronçon de la route 155 compris entre La Tuque et Lac-Bouchette vient de se voir rétrogradé au niveau 2 en matière de déneigement. En clair, cela signifie que la route dans ce secteur sera partiellement déneigée. On passera la «gratte» sur une moins large portion de la route.

Le ministère des Transports a expliqué le plus sérieusement du monde qu'un tel déclassement n'avait pas pour but de générer des économies, mais plutôt d'harmoniser le déneigement sur la 155. C'est rire du monde en pleine face.

Si vraiment on voulait harmoniser, on aurait ramené au niveau 1 la portion de la route située un peu plus au nord. La route 155 est un corridor interrégional majeur au Québec, même si le débit journalier hivernal est moins élevé que la norme requise.

Harmoniser au niveau 1 aurait généré des coûts supplémentaires? Pas de problème. Le ministère nous dit que ce n'est pas une question d'argent...

Une situation semblable s'était produite l'hiver dernier sur un tronçon de la route 169 dans le secteur d'Hébertville. Les élus locaux avaient protesté contre le déclassement de la route, mais c'est le député péquiste de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, qui a demandé au premier ministre Couillard - qui représente Roberval, la circonscription voisine - d'intervenir auprès du ministère des Transports.

Il faut croire que ç'a été fait et bien fait en plus, puisque la route 169 a retrouvé son niveau 1.

Pour ce qui est de la 155, les élus de La Tuque, de Lac-Édouard et de La Bostonnais ont tous signifié leur désaccord quant au déclassement et ont demandé par résolution que la décision soit renversée.

La députée de Laviolette, Julie Boulet, a été informée de la situation. Elle dit avoir communiqué avec le ministère des Transports, où elle a obtenu, semble-t-il, des explications et une assurance selon laquelle il n'y aurait aucun problème de sécurité.

En tant qu'ancienne titulaire du portefeuille des Transports, elle aurait pu pousser un peu plus fort.

Faudra-t-il que le premier ministre s'en mêle encore pour faire en sorte que le déneigement soit complet et non partiel sur la route 155? Si c'est le cas et que ça marche - encore - on pourra jeter toutes les grilles d'évaluation du ministère. On aura la preuve qu'une pression politique au bon endroit, au bon moment, peut très bien «faire la job».

Et peu importe le résultat, il faut surtout se rendre à l'évidence et prendre conscience que le fait de diminuer le niveau de déneigement sur une route passante où il n'y a pas de couverture cellulaire, très utile en cas d'accident, c'est tout simplement inacceptable.

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