Le gros bon sens n'a fait que passer

La Ville de Trois-Rivières a modifié son avis... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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La Ville de Trois-Rivières a modifié son avis de motion sur ce projet de 1,8 million $ sur l'esplanade de l'amphithéâtre Cogeco en remplaçant le terme fontaine par celui de jeux d'eau.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'était donc une utopie d'espérer que le maire de Trois-Rivières soit frappé d'un deuxième éclair de gros bon sens en une semaine...

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Yves Lévesque

Archives Le Nouvelliste

Après avoir fait une spectaculaire volte-face dans le dossier de la fluoration de l'eau potable, il a persisté et signé dans son projet d'aménager de ridicules jeux d'eau sur le site de l'Amphithéâtre Cogeco.

Il faut aussi voir avec quelle subtilité il a fait passer la désignation du projet comme étant des «jeux d'eau» et non une «fontaine» comme il en avait été question il y a quelques jours à peine.

L'enrobage terminologique a beau être légèrement différent, il n'en demeure pas moins que l'idée d'aménager sur le site de l'Amphithéâtre des jeux d'eau, des fontaines, un point de rafraîchissement, une symphonie aquatique, un ballet-oasis pour enfants ou appelez ça comme vous voulez, est d'une singulière inutilité.

Le maire avance des arguments fallacieux pour justifier ce projet. Ce n'est pas vrai qu'on a besoin de créer un espace familial à l'Amphithéâtre. Les gens du quartier ont déjà la piscine du parc Lemire et les jeux d'eau de l'allée des Commissaires pour aller se rafraîchir.

Et le développement - au ralenti - des condos sur le site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent n'est pas spécifiquement une pépinière à jeunes familles.

Les «jeux d'eau», selon le maire, seraient inspirés de ceux installés à la place Pierre-Boucher, au pied du Flambeau. Mais dans les faits, on ne compte plus le nombre de fois où ces jeux d'eau sont brisés et nécessitent une intervention d'employés des travaux publics ou d'une firme spécialisée pour les remettre en état.

Yves Lévesque ajoute que ces installations seraient payées entièrement par des subventions. Mais pas un mot sur leur entretien.

Et si on est capable d'aller chercher des subventions pour des jeux d'eau, pourrait-on envisager de l'utiliser ailleurs? Le parc de l'Île Saint-Quentin a un urgent besoin d'affection, par exemple.

On l'a déjà dit, le pourtour de l'Amphithéâtre est déjà suffisamment aménagé.

Le compteur de la construction de cette infrastructure et de l'aménagement de ses abords est rendu à plus de 60 millions $. À un moment donné, il faut mettre une limite. 

Contrairement à ce que voudrait bien croire le maire Lévesque, il ne s'agit pas d'un «investissement». C'est une dépense pure et simple. Une grosse dépense. Un million huit cent mille dollars pour cette fantaisie superfétatoire à un parvis déjà suffisamment esthétique, c'est rire des contribuables.

Comment peut-on, en quelques jours à peine, donner aux citoyens une impression d'écoute et de magnanimité en renonçant à la fluoration et, d'un autre côté, les prendre pour des pourvoyeurs de fonds aux ressources financières illimitées en annonçant un projet qui n'a aucune justification en ce qui a trait aux besoins de la population.

Ce qui frappe aussi dans ce dossier, c'est la conviction avec laquelle le conseiller du district concerné, Jean-François Aubin, défend l'idée selon laquelle ce projet n'a pas sa raison d'être. Il faut saluer la lucidité du représentant du district Marie-de-l'Incarnation, qui semble être un des rares à vouloir mettre un frein à la mégalomanie et à avoir une sensibilité envers le portefeuille des contribuables.

Il n'y a plus qu'à espérer qu'un autre soudain éclair de gros bon sens, semblable à celui de l'abandon de la fluoration, puisse frapper le maire Lévesque au cours des prochaines semaines. 

Parce que le 12 décembre, quand il refilera aux contribuables une énième augmentation de taxes «limitée à la hausse du coût de la vie», dira-t-il encore, ces mêmes contribuables auront peut-être de travers les fantaisies aquatiques ou esthétiques du maire de Trois-Rivières sur Saint-Laurent.

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