Au-delà des interventions

La députée de Laviolette et ministre responsable de... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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La députée de Laviolette et ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

Selon un classement compilé par La Presse, Julie Boulet est la députée qui a fait le moins d'interventions à l'Assemblée nationale depuis l'élection du gouvernement Couillard en avril 2014.

Une réserve surprenante de la part d'une politicienne aguerrie qui a toujours été reconnue pour ne pas se laisser piler sur les pieds, mais qui démontre que les derniers mois n'ont vraiment pas été faciles pour la députée de Laviolette.

De toute évidence, le passage de l'ancienne ministre des Transports devant la Commission Charbonneau a laissé des marques. Son propre parti ne l'a pas aidée en l'excluant du cabinet ministériel au profit de Jean-Denis Girard, nouveau député de Trois-Rivières, qui n'avait aucune expérience en politique.

Un sévère désaveu qui a fait mal à l'orgueil de Saint-Tite et qui ne l'incitait sûrement pas à être la plus bavarde à l'Assemblée nationale.

Blanchie dans le rapport final de la juge Charbonneau, Julie Boulet a récupéré sa limousine ministérielle un peu par défaut, ses collègues régionaux n'ayant visiblement pas l'expérience pour assumer cette responsabilité. Encore là, on ne peut pas dire que ce retour à la lumière avait quelque chose de motivant pour la principale concernée.

C'est donc dans ce contexte pour le moins inconfortable que Julie Boulet a décidé de se faire plus discrète, tant à l'Assemblée nationale que sur la place médiatique régionale. On peut la comprendre. Il faut cependant se demander si la qualité du travail d'un député s'évalue exclusivement par le nombre d'interventions qu'il fait à l'Assemblée nationale.

La réponse est évidemment non. Des députés plus bavards que la ministre Boulet n'ont absolument aucun impact quand ils lisent religieusement des mots écrits par les communications de leur parti.

Encore moins quand certains d'entre eux profitent du temps qui leur est alloué pour féliciter l'équipe atome BB qui a gagné le tournoi de Saint-Quelque part...

Bref, l'efficacité d'un député va bien au-delà des ses interventions officielles. Les discussions et les décisions importantes ont souvent lieu en arrière-scène et Julie Boulet a démontré par le passé qu'elle excellait dans cette joute politique. A-t-elle encore aujourd'hui, après tout ce qu'elle a dû traverser, la force pour se battre comme avant? En a-t-elle seulement encore l'envie? Voilà les vraies questions qu'il faut se poser.

La ministre Boulet n'aura heureusement pas à attendre longtemps pour faire la preuve qu'elle a encore le feu sacré et qu'elle a encore le pouvoir de faire bouger les choses. D'importants dossiers se trouvent actuellement sur son bureau et elle devra user de tout son poids politique pour les faire avancer.

Pourra-t-elle faire reculer son ancien ministère des Transports qui vient de revoir à la baisse le niveau de déneigement de la route 155? Parviendra-t-elle, en tant que ministre du Tourisme, à aller chercher plus de subventions pour les événements touristiques de la région qui, visiblement, souffrent d'un sous-financement par rapport aux événements des grands centres? À vous de jouer, Mme Boulet.

La députée de Laviolette a donc la possibilité de faire taire ses détracteurs et démontrer une fois pour toutes qu'elle est à la hauteur des responsabilités qui lui sont confiées. Il lui revient de prouver que sa valeur ministérielle ne tient plus seulement au fait qu'elle représente un siège facilement acquis pour son parti. Si sa carrière politique ne tient plus qu'à ça, c'est peut-être que l'heure de la retraite a sonné.

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