Un éclair de gros bon sens

Le conseil municipal a voté à l'unanimité pour... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le conseil municipal a voté à l'unanimité pour l'abolition de la fluoration de l'eau potable.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Mais qu'est-ce qui peut bien expliquer cette soudaine volte-face d'Yves Lévesque dans le dossier de la fluoration de l'eau potable?

On croirait presque qu'il pourrait s'agir d'une révélation semblable à celle qu'a eue Saint Paul sur le chemin de Damas. Sauf que pour le maire de Trois-Rivières, cette révélation survient soudainement sur la route... électorale.

Il apparaissait de plus en plus clair que la fluoration de l'eau potable allait devenir un boulet pour la réélection d'Yves Lévesque. Pas tant pour la sienne, mais pour celle d'une majorité de conseillers qui lui sont généralement favorables.

On peut aussi comprendre qu'Yves Lévesque en a eu assez de se battre contre des moulins à vent. Il était devenu le général d'une armée qui n'avait aucun enthousiasme quant à la nature même de la guerre en cours. Il menait depuis des mois une bataille qui ne lui appartenait pas et pour laquelle il n'a jamais eu les renforts souhaités de la part de la Santé publique.

C'est probablement ça qui a délié le dernier noeud qui liait Yves Lévesque à la cause de la fluoration. Le programme de fluoration de l'eau potable est un programme québécois, géré par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Il était normal, dans un cas où la fluoration est contestée, que ce ministère et ses représentants prennent le bâton du pèlerin et fassent la démonstration qu'il s'agit d'une mesure efficace et socialement acceptable.

Sur ces deux points, on a eu droit non seulement à un échec monumental. En fait, la Santé publique n'a pas répondu à l'appel que la Ville a lancé dans sa résolution adoptée en juillet dernier.

Dans cette résolution, la Ville demandait à Québec de «prendre les moyens nécessaires pour consulter les Trifluviens» et «informer [le conseil municipal] que la nécessaire condition de l'acceptabilité sociale a été rencontrée pour la fluoration de son eau potable».

Avec une pétition de près de 20 000 noms, il devenait ardu, voire impossible, de faire cette démonstration.

Et pendant que le mouvement antifluoration ne s'essoufflait pas et redoublait de moyens pour marteler son message, on n'a jamais assisté à la naissance d'un mouvement pro-fluoration. Mis à part chez quelques dentistes attachés à cette vieille fable, il ne se trouvait pas grand-monde pour monter aux barricades et plaider pour cette mesure dite «de santé publique».

Yves Lévesque voyait bien que le mouvement anti-fluoration était toujours bien vivant et qu'il allait l'être au moins jusqu'aux élections de 2017. Il apparaissait de plus en plus clair que ce rendez-vous électoral, auquel le maire a déjà indiqué sa présence, allait prendre des airs d'élection référendaire sur le sujet de la fluoration.

Sa popularité personnelle, jumelée au succès de l'amphithéâtre et aux gros projets qui lèveront de terre prochainement, lui aurait peut-être permis d'éviter le contrecoup suprême de la grogne anti-fluoration. Mais les opposants, regroupés pour la plupart au sein de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS), avaient compris que le travail devait se faire au niveau des conseillers. Ils avaient déjà commencé le travail en ce sens. Les ravages auraient pu être considérables, d'autant plus que la carte électorale de Trois-Rivières est maintenant amputée de deux districts dont les représentants étaient favorables à la fluoration.

Maintenant que le nom de Trois-Rivières sera soustrait de la liste de plus en plus courte des villes qui fluorent leur eau potable, le programme québécois n'a plus de raison d'être. Ou du moins l'irrationnel acharnement qu'on semblait vouloir y mettre. Il est grand temps de consacrer cette énergie et cet argent à des mesures plus ciblées de prévention, de distribution de produits de santé buccodentaire dans les écoles ou dans les milieux défavorisés.

Le gros bon sens semble avoir parlé à l'oreille du maire. Assez fort pour l'avoir fait changer d'idée.

Encerclez la date du 21 novembre sur vos calendriers. Ça restera une journée historique...

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