Le cheerleader de Donald Trump

Mais au bout du compte, on peut aussi... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Mais au bout du compte, on peut aussi se demander qu'est-ce que Donald Trump en a à cirer des félicitations d'un lointain maire en manque de célébrité?

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Il ne faut plus s'étonner des sorties étonnantes ou farfelues du maire de Louiseville, Yvon Deshaies. Sa plus récente trouvaille? Féliciter le président désigné des États-Unis, Donald Trump, pour son élection. Le geste peut paraître civique, presque anodin. Mais il est peut-être plus lourd de sens qu'il en a l'air ou que ce que voudrait bien croire le pittoresque maire.

Au lendemain de la victoire de Donald Trump, Yvon Deshaies a écrit une lettre de félicitations en sa qualité de maire de Louiseville. Une lettre en anglais, qu'il a envoyée à une quinzaine d'adresses différentes pour, dit-il, être bien certain qu'elle se rendra au président désigné.

Essentiellement, le maire dit avoir posé ce geste pour rappeler au président élu l'importance des accords commerciaux entre le Canada et les États-Unis, surtout pour sa ville. Les exportations vers nos voisins du sud représentent en effet plus de 85 % du marché d'affaires des entreprises reliées à l'industrie du meuble, véritable fleuron de l'économie louisevilloise.

Jusque-là, tout va bien. Même si le geste surprend, il s'explique.

Mais là où ça se gâte, c'est dans le lichage qui enveloppe le message du maire.

Yvon Deshaies ne se cache pas pour dire qu'il est ravi de l'élection du candidat républicain à la Maison-Blanche. Dans sa lettre, il s'adresse à Trump en écrivant: «You are a winner» et en lui mentionnant qu'il l'a défendu dans les médias locaux.

Puis, dans les entrevues qu'il a accordées ces derniers jours pour expliquer le geste qu'il a posé en envoyant une lettre à Donald Trump, il en a rajouté. Il parle d'un «homme d'affaires hors pair», d'un président qui «va prendre les bonnes décisions pour plus de sécurité et plus de prospérité économique».

Doit-on rappeler au maire Deshaies que l'homme d'affaires hors pair est celui qui ne produisait pas ses déclarations d'impôt, qui embauchait des travailleurs illégaux et qui ne payait pas certains fournisseurs. Tout cela a été démontré et vérifié pendant la campagne électorale.

Et malgré le fait que le maire de Louiseville ne soit pas d'accord sur tout ce que Donald Trump a pu dire ou faire avant d'atteindre la présidence, il faut aussi lui rappeler que féliciter le personnage pour sa victoire avec autant de flagornerie, c'est une forme de caution morale.

Si le maire de Louiseville est fier de la victoire d'un personnage misogyne, accusé d'agressions sexuelles, raciste, alors il aurait dû ne pas engager la Ville qu'il représente mais le féliciter à titre personnel. Faire part de ses préoccupations pour l'industrie du meuble aurait été suffisant s'il voulait vraiment s'exprimer au nom de la Ville.

Il est loin d'être acquis que toute la population de Louiseville endosse les propos du maire et son enthousiasme face à l'élection de Donald Trump.

Ce n'est pas la première fois que le maire Deshaies plonge tête première dans la controverse en disant ce qu'il pense. On se souviendra notamment de ses déclarations - deux fois plutôt qu'une - pour le rétablissement de la peine de mort. Dans ce cas, même s'il s'agissait apparemment d'une opinion personnelle, on pouvait lui reprocher d'avoir utilisé son statut de maire pour attirer l'attention médiatique.

Attirer l'attention médiatique. C'est probablement ce que souhaitait encore Yvon Deshaies.

Mais au bout du compte, on peut aussi se demander qu'est-ce que Donald Trump en a à cirer des félicitations d'un lointain maire en manque de célébrité?

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