Quand le chat n'est pas là...

L'Amphithéâtre Cogeco... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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L'Amphithéâtre Cogeco

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On connaît tous l'adage qui dit que quand le chat n'est pas là, les souris dansent. Dans le cas du conseil municipal de Trois-Rivières, on devrait le moduler un peu et conclure que quand le chat n'est pas là, les souris réfléchissent. Et ça leur va plutôt bien.

Lundi, les membres du conseil municipal de Trois-Rivières ont convenu de reporter et de pousser plus loin leurs discussions sur cet étrange projet de fontaine sur le site de l'Amphithéâtre Cogeco. Une fontaine de 1,3 million $ que l'on souhaite ajouter à l'aménagement des abords de l'infrastructure elle-même.

Mais où vont donc s'arrêter les ajouts coûteux et souvent inutiles à l'Amphithéâtre?

Il y a quelques années, alors que l'Amphithéâtre n'était encore qu'un projet sur papier, sept conseillers municipaux sonnaient déjà l'alarme sur les coûts qui allaient découler de la construction même de l'amphithéâtre. Les quelque 49,5 $ millions $ que devait coûter sa construction n'incluaient pas les aménagements extérieurs.

Aujourd'hui, force est de constater - outre le fait que les conseillers du Groupe des sept avaient raison sur ce point - que les aménagements réalisés jusqu'à maintenant autour de l'amphithéâtre sont réussis.

Mais en plus d'être réussis, ils sont surtout suffisants.

En mettre davantage serait du tape-à-l'oeil. A-t-on besoin d'une fontaine, d'une installation évoquant le pouvoir ou la beauté de l'eau, quand on se trouve à l'endroit qui, à Trois-Rivières, offre le point de vue le plus spectaculaire sur à la fois le fleuve, la rivière et leur confluent? Le parc autour de l'amphithéâtre propose déjà des postes d'observation impressionnants sur l'eau. Une fontaine à cet endroit serait parfaitement inutile.

Que l'on veuille installer du pavé uni pour compléter les aménagements déjà réalisés pourrait toujours passer, mais ajouter une fontaine relève de la mégalomanie.

Il n'y aura pas plus de spectateurs à l'Amphithéâtre parce qu'il y a une chouette fontaine sur le terrain autour.

Doit-on rappeler que depuis la construction de l'amphithéâtre, les contribuables trifluviens ont eu à payer plusieurs autres millions en coûts supplémentaires: pensons aux rideaux pare-intempéries, aux lettres géantes, aux absurdes passages à niveau exigés par Québec-Gatineau. On va aussi devoir penser à un garage d'un demi-million de dollars que s'apprêterait à demander la direction de l'Amphithéâtre. Et ce sera quoi encore? 

Maintenant que l'amphithéâtre est construit et que c'est une réussite sur le plan architectural et sur le plan touristique, il ne faudrait pas en arriver à ce que ce soit un gouffre sans fond et éventuellement un fiasco sur le plan financier.

Le maire et le conseil actuel avaient réussi à aplanir le mécontentement d'une partie de la population envers les coûts de cet équipement, en comptant notamment sur ce succès d'estime et sur les impacts sur l'économie estivale.

Il est donc sain que des conseillers soulèvent des questions. Jean-François Aubin, dont le district électoral englobe l'Amphithéâtre Cogeco, est bien en mesure de voir les besoins pressants ailleurs que sur le site de celui-ci. Sa réflexion sur les coûts supplémentaires est pertinente.

Espérons seulement que, maintenant que l'on sait que les conseillers ont assez de discernement pour reporter les discussions sur un sujet aussi délicat que celui-là, le maire ne reviendra pas de son congé en mettant le poing sur la table et en insistant pour que ça se fasse, parce qu'il est convaincu que ça va être beau.

Ce serait bien mince comme argument.

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