De la parole aux actes

Patrick Lagacé... (La Presse)

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Patrick Lagacé

La Presse

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Rarement aura-t-on vu un gouvernement réagir aussi rapidement à des événements qui provoquent de fortes répercussions dans l'opinion publique. Le premier ministre Couillard a répondu, du moins en partie, aux appels à l'action à la suite des révélations concernant l'espionnage envers le chroniqueur Patrick Lagacé.

Il faut dire que la mobilisation était forte du côté des médias et de la communauté journalistique. Conséquemment, le public a vite pris connaissance de l'importance de l'enjeu. Une réponse immédiate et intelligente était nécessaire. Les actions dévoilées mardi constituent une base intéressante pour éviter que des abus comme celui constaté ces derniers jours ne se reproduisent.

D'abord, il faut saluer cette volonté de rendre plus exhaustive l'analyse des demandes de perquisition de matériel journalistique ou de mise sous surveillance policière de journalistes. Le fait de transférer l'analyse de telles demandes au Directeur des poursuites criminelles et pénales avant de les soumettre uniquement au jugement d'un simple juge de paix s'imposait. Les risques d'intrusion abusive devraient s'en trouver diminués.

Déjà, les analyses de mandats en semblable matière pour des avocats, des juges ou des députés étaient soumises au DPCP. Il ne s'agit donc pas ici de donner un «petit privilège» aux journalistes, mais d'encadrer ce qui pourrait être une atteinte grave à la vie privée et à la liberté de presse.

À plus long terme, il sera intéressant de voir ce qui ressortira de l'analyse de la situation et ce qui sera recommandé par le comité d'experts dont la création a été annoncée mardi par le premier ministre. On a trop souvent vu par le passé des consultations, des rapports, des groupes de travail, des comités d'experts, des études s'échoir sur des tablettes sans véritables suites. 

Comptez, ici, sur les journalistes eux-mêmes pour faire un suivi adéquat de la mise en application de ce qui ressortira de ce comité d'experts.

Le comité en question, qui sera formé d'un juge, d'un représentant de la police et d'un représentant des médias, aura pour mandat de déterminer quelles interventions sont nécessaires, sur le plan législatif, pour mieux encadrer les procédures policières impliquant des journalistes.

Enfin, on a pu apprendre que le ministère de la Sécurité publique mettra son nez dans les pratiques en vigueur au sein des trois principaux corps policiers de la province. On ne comprend pas trop pourquoi la démarche n'inclut pas les plus petits corps policiers mais on espère que les règles qui pourraient être modifiées ou édictées seront les mêmes partout.

Ce qui est rassurant, à tout le moins, c'est que la réponse du gouvernement est venue avec rapidité et avec fermeté. Il est rare de voir Philippe Couillard adopter un ton aussi grave que déterminé pour dire que «c'est grave ce qui se passe actuellement» ou qu'il «considère qu'on fait face à un enjeu majeur pour une société démocratique».

Ce n'est pas ici une petite satisfaction de journaliste, mais un soulagement que devrait avoir tout citoyen conscient de la nécessité de vivre dans une société démocratiquement saine et dans laquelle la presse est à l'abri des ingérences policières ou politiques.

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