Du fluor et de la mauvaise foi

L'interminable saga entourant la fluoration de l'eau potable... (Francois Gervais, Le Nouvelliste)

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L'interminable saga entourant la fluoration de l'eau potable à Trois-Rivières n'en finit plus de nous offrir de nouveaux rebondissements.

Francois Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

L'interminable saga entourant la fluoration de l'eau potable à Trois-Rivières n'en finit plus de nous offrir de nouveaux rebondissements.

Cette fois, c'est l'étude du Dr Christian Caron qui est pointée du doigt, pendant que le maire continue de dénigrer les opposants à la fluoration et que ces derniers s'en prennent minutieusement aux conseillers qui se sont prononcés en faveur. 

C'est comme si on avait trois épisodes en un.

On apprend ces jours-ci que des parents trifluviens refusent que leurs enfants servent de cobayes pour l'étude que doit mener le Dr Christian Caron sur les effets de la fluoration de l'eau potable. C'est leur droit le plus légitime. Mais est-ce que c'est en boycottant cette étude que l'on permettra de pallier l'absence de données scientifiques locales? Bien au contraire.

Le chercheur veut établir un échantillon d'un millier d'enfants - 500 à Trois-Rivières et 500 à Shawinigan, où l'eau n'est pas fluorée - pour mener son étude. Certains sceptiques doutent de la crédibilité de cette étude, qui serait déjà biaisée puisque c'est la Direction de la santé publique qui a mandaté le chercheur.

Il ne faudrait tout de même pas exagérer. On ne pouvait pas s'attendre à ce que ce soit la Corporation des concessionnaires automobiles de la Mauricie ou les Chevaliers de Colomb qui commandent cette étude.

Ce que certains parents ne digèrent pas, c'est le paradoxe entre le fait, pour les autorités municipales et celles de la Santé publique, de constater le manque de données scientifiques au point de commander une étude locale, alors qu'en même temps, les élus municipaux rabrouent ceux et celles qui posent des questions et qui veulent savoir si la fluoration est une bonne chose. 

Là-dessus, il faut leur donner raison.

Depuis plusieurs mois, les opposants à la fluoration à Trois-Rivières tentent de se faire entendre aux assemblées publiques du conseil municipal. De plus en plus, ils se font rasseoir par le maire qui leur indique que le dossier est clos.

Au sujet de la fluoration, Yves Lévesque est maintenant exaspéré par les interventions des opposants. Mercredi matin, devant les membres de la Chambre de commerce, il a tourné en dérision leurs propos.

Selon le maire, il y aurait à Trois-Rivières plus de citoyens qui l'interpellent sur l'illumination du flambeau de la place Pierre-Boucher que sur la fluoration. C'est mesquin de minimiser ainsi la voix de près de 20 000 personnes qui ont signé la pétition contre la fluoration.

C'est vrai que ce ne sont pas 20 000 personnes qui ont toutes le même niveau de connaissance des risques ou des bienfaits de la fluoration. Mais il se trouve parmi ces signataires des personnes qui se sont rigoureusement informées sur le sujet. Et qui ont raison sur un point: il est abject d'administrer une substance chimique à une population sans son consentement.

Il y a fort à parier que l'étude du Dr Caron démontrera que la fluoration diminue les risques de carie. Une étude semblable, avec un échantillon moindre, a été réalisée par un étudiant en médecine dentaire de McGill dans les différents arrondissements de Montréal, et elle démontre que c'est à Dorval - où l'eau est toujours fluorée - que la prévalence de carie et de maladies dentaires est la plus basse.

Mais si c'est si merveilleux que ça, la fluoration, pourquoi n'est-elle pas imposée partout? Pourquoi la Santé publique s'acharne-t-elle pour garder Trois-Rivières accrochée à ce programme boudé ou délaissé par une énorme majorité de villes et municipalités au Québec?

Chose certaine, il ne faudra surtout pas que la Ville s'accroche à cette étude, advenant des résultats positifs, pour cocher le critère de l'acceptabilité sociale, dont la démonstration a été inscrite dans la résolution adoptée par le conseil municipal et adressée au ministère de la Santé et des Services sociaux.

Ce critère, ce n'est pas demain la veille qu'il sera atteint.

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