Le champ libre pour Yves Lévesque?

Yves Lévesque... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Yves Lévesque

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À treize mois et des poussières des élections municipales, Yves Lévesque a dissipé tout ce qu'il pouvait rester de doutes - s'il y en a déjà eu - sur sa volonté de solliciter un quatrième mandat. Le maire sera de la course. À condition qu'il y ait une course.

Il est encore tôt pour parler de l'élection municipale de novembre 2017, mais en temps normal, on pourrait observer des coups de sonde de la part d'éventuels candidats intéressés. On pourrait voir certains comportements changer et voir certains aspirants potentiels se donner un peu de visibilité dans les différents réseaux et sur la place publique. Mais on ne voit pas encore poindre l'ombre d'un opposant sérieux à Yves Lévesque.

Mercredi matin, devant la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, le maire a livré un discours essentiellement récapitulatif, présentant le bulletin positif de la performance économique, touristique et démographique de la ville depuis la fusion.

Il n'y avait rien de nouveau dans ce discours du maire. Il avait délibérément choisi de remâcher et de mettre à jour les statistiques sur les mises en chantier, sur la richesse foncière uniformisée, sur le coût des services municipaux, sur les investissements réalisés sur le plan industriel ou sur le plan du tourisme culturel, sur les avoirs nets de la Ville - plutôt que sur la dette en tant que telle.

Sur le plan des réalisations, le bilan présenté par Yves Lévesque est reluisant et fait probablement des envieux dans d'autres villes du Québec. Un tel discours a certainement su plaire à son auditoire, la communauté d'affaires de Trois-Rivières, qui lui a réservé une ovation à la fin de son discours.

Il a beaucoup été question de la façon dont Trois-Rivières déroule le tapis rouge aux entrepreneurs intéressés à venir brasser des affaires. De la façon dont la Ville et son bras économique (IDE) sont prêts à répondre aux besoins des investisseurs. De la façon dont les hauts fonctionnaires sont encouragés à adopter une mentalité d'affaires. De la façon dont la Ville développe son service à la clientèle.

Et pour Yves Lévesque, la clientèle, c'est les investisseurs, les gens d'affaires, les entrepreneurs.

On ne lui reprochera certainement pas d'afficher un tel empressement quand vient le temps d'accueillir ces personnes et de leur présenter ce que Trois-Rivières peut leur offrir. Certains lui reprocheront parfois ses façons de faire un peu «carrées» ou sa façon plutôt individualiste de gérer certains dossiers. On ne lancera pas le débat là-dessus.

Mais s'il a été beaucoup question de service à la clientèle dans le discours du maire, celui-ci a très peu parlé des services aux citoyens. Ceux qui font rouler cette machine à brasser des affaires. Il a bien sûr été question de la qualité de vie, mais très peu des besoins des citoyens. Et encore moins des préoccupations manifestées par certains d'entre eux.

Dans son allocution, il n'a pas non plus été question de vision d'avenir. Un moment donné, il faudra en revenir de la fusion et de ses bienfaits et parler un peu de ce à quoi pourrait ou devrait ressembler la ville dans vingt, trente ou cinquante ans.

Évidemment, Yves Lévesque a parlé des grands projets qu'il souhaite voir se réaliser au cours des prochaines années: le centre des congrès, le Colisée, le développement du District 55, la transformation du hangar no 1 du port ou encore l'aménagement de l'île Saint-Quentin. Aux journalistes qui le questionnaient à la sortie de la salle, le maire a avoué qu'il restait encore de grandes choses à accomplir et qu'il avait envie de continuer.

L'homme est loin de faire l'unanimité. Mais il apparaît de plus en plus indélogeable. S'il est réélu en 2017 et qu'il complète les quatre ans de ce prochain mandat, il rejoindrait presque des monuments de la politique municipale comme Gilles Beaudoin ou J.-Réal Desrosiers, qui ont été maires pendant respectivement 20 et 21 ans.

L'impression générale que donne Yves Lévesque, bien que plusieurs ne partagent pas cet avis ou le détestent carrément, c'est celle d'un homme d'action qui sait livrer la marchandise. 

À quel prix? Ça, c'est un autre débat.

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