Le droit de sauver une vie

Éloïse Dupuis... (Tirée de Facebook)

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Éloïse Dupuis

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

La vie devrait être plus importante que toute religion. C'est le constat auquel on doit inévitablement en arriver quand on prend connaissance de l'histoire d'Éloïse Dupuis, cette jeune femme décédée la semaine dernière après avoir donné naissance à son premier enfant à Lévis.

Témoin de Jéhovah, la jeune mère n'a pu recevoir les transfusions de sang qui lui auraient permis de rester en vie. Résultat: le nouveau-né, en pleine santé, ne connaîtra jamais sa mère. Tout ça pour respecter un dogme dépassé.

C'est trop facile, devant un tel événement, d'évoquer la fameuse Charte des droits et liberté qui spécule qu'une personne a le droit de refuser un traitement. Premièrement, il faudrait savoir si Éloïse Dupuis était vraiment apte à prendre une décision éclairée lorsque les médecins lui ont mentionné que les transfusions étaient nécessaires pour la garder en vie.

Sûrement que la jeune femme de la région de Québec n'était pas en mesure de bien évaluer la gravité de la situation, elle qui venait de perdre beaucoup de sang à la suite d'un accouchement difficile. Était-elle seulement consciente? Et si Éloïse Dupuis n'était pas apte à prendre cette décision, qui l'a prise?

Son conjoint? Ses parents? Des membres de sa communauté? Tous des Témoins de Jéhovah! Une enquête serrée doit être menée et des accusations criminelles devraient être portées s'il est démontré que des gens de l'entourage de Mme Dupuis ont fait pression ou, pire, ont pris cette capitale décision à sa place.

Mais que fait-on lorsque ce refus de traitement est bel et bien un choix conscient? On respecte la décision? Voilà un débat qui risque une fois de plus de diviser la société. 

La réponse finale ne devrait-elle pas venir des médecins? C'est bien beau la Charte des droits et liberté, mais n'ont-ils pas le devoir d'intervenir lorsqu'ils réalisent qu'une croyance religieuse va directement envoyer une de leurs patientes au cimetière?

N'auraient-ils pas pu demander une injonction pour connaître la nature réelle du consentement de la jeune mère de famille? Et qu'est-ce qui les empêchait de quand même donner ces transfusions pour, rappelons-le en passant, SAUVER UNE VIE? Une poursuite?

Il y a une différence entre une personne en fin de vie qui refuse un traitement pour mettre fin à ses souffrances et une autre qui ne veut pas recevoir de sang «extérieur» parce que cela l'empêchera d'aller au paradis. C'est carrément de la folie!

De toute façon, qui aurait poursuivi les médecins? Le conjoint? Les parents? Les Témoins de Jéhovah? Une poursuite pour avoir sauver la vie de quelqu'un? Ça ne fait aucun sens!

Puisque les médecins sont visiblement incapables de se donner la marge de manoeuvre d'intervenir dans de telles situations, il serait peut-être temps que les gouvernements se penchent sur la question. Elle l'a démontré, la société québécoise est prête à accepter certaines particularités de plusieurs religions. Tant que celles-ci ne mettent la vie de personne en danger. 

Vivement des ajustements pour permettre aux médecins d'agir sans même se poser de questions lorsqu'ils peuvent sauver la vie de quelqu'un. Encore plus quand c'est aussi simple que de lui donner un peu de sang. On parle beaucoup du droit de mourir dans la dignité. Que fait-on du droit de sauver une vie?

En terminant, il serait intéressant de savoir comment se sentent aujourd'hui ceux qui ont poussé Éloïse Dupuis vers cette croyance ridicule qui exclut tout membre qui en déroge? 

Sont-ils capables de s'endormir le soir en pensant que, par leur faute, une jeune maman dans la fleur de l'âge ne pourra jamais prendre son enfant dans ses bras? S'ils y parviennent, sommes-nous obligés, nous, en tant que collectivité, de les suivre? Non.

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