Muselière: pas si bête que ça

Le port de la muselière pour les chiens... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Le port de la muselière pour les chiens de plus de 5 kilogrammes, tel que mis de l'avant par le maire Yvon Deshaies, est la solution qui, à court terme, vient le moins brimer les propriétaires canins et leurs fidèles compagnons.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

Le maire de Louiseville est tout un personnage, mais son idée d'imposer la muselière aux gros chiens est loin d'être bête.

Chose certaine, l'application somme toute réussie de cette initiative durant le Festival de la galette démontre à tout le moins qu'il est pertinent de se pencher sur la possibilité de l'étendre à d'autres lieux publics. À la fois pour diminuer le nombre d'incidents et augmenter le sentiment de sécurité chez les citoyens.

En fait, le port de la muselière pour les chiens de plus de 5 kilogrammes, tel que mis de l'avant par le maire Yvon Deshaies, est la solution qui, à court terme, vient le moins brimer les propriétaires canins et leurs fidèles compagnons. Ce n'est pas outrageusement dispendieux et les chiens peuvent facilement s'y habituer. Bref, il faut vraiment faire preuve d'hermétisme chronique pour s'opposer systématiquement à une telle réglementation. 

Les individus qui sont allés jusqu'à faire des menaces de mort au maire louisevillois pour signifier leur désaccord nous rappellent que la problématique des chiens dangereux relève aussi du manque de jugement de certains propriétaires.

Il serait donc intéressant d'évaluer l'applicabilité de cette politique de la muselière dans le cadre d'autres événements régionaux. Des lieux publics comme les parcs et les centres-villes pourraient également être ciblés.

Évidemment, les cas de morsures de chiens n'ont pas tous lieu dans ces endroits publics. Plusieurs événements regrettables, comme celui qui a coûté la vie d'une Montréalaise cet été, se déroulent dans l'environnement immédiat des victimes. Là où il est très difficile d'imposer la muselière.

Or, il faut voir dans cette réglementation un premier pas vers une solution facilement applicable. En fait, la muselière dans les endroits publics est pour le moment le meilleur compromis entre le statu quo et l'improbable disparition totale des chiens dangereux. Reste à voir comment les autorités pourraient encadrer l'application d'une telle réglementation. 

Comme ce fut le cas au Festival de la galette, des agents de sécurité pourraient être embauchés. Pour les espaces municipaux, des ressources comme la Société protectrice des animaux de la Mauricie pourraient être mises à contribution pour répondre aux plaintes déposées. Minimalement, les regards accusateurs portés sur les propriétaires délinquants pourraient au moins pousser ceux-ci à la réflexion. S'ils en ont les facultés, évidemment. 

Bref, au-delà de sa stricte application, il faut peut-être voir dans cette mesure coercitive l'ultime possibilité de responsabiliser les propriétaires de chiens potentiellement dangereux. 

L'option de la muselière est donc à étudier. Les autorités en place pourraient même évaluer dans le temps l'impact qu'a la mise en place de cette réglementation sur le nombre de morsures de gros chiens. 

Et s'il n'y a aucune amélioration, l'avenue de bannir carrément la possession de chiens dangereux comme les pitbulls deviendra alors la meilleure action à considérer.

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