L'irrésistible élan de Lisée

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Jean-François Lisée a remporté la course à la chefferie.

La Presse

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y en a plusieurs qui doivent être bien contents que la course à la direction du Parti québécois soit enfin terminée. Pas tant parce qu'on connaît maintenant le vainqueur, mais parce que c'est la fin d'une campagne qui ressemblait trop souvent à un combat de ruelle.

Jean-François Lisée est devenu vendredi soir le neuvième chef du Parti québécois, confirmant ainsi l'irrésistible lancée sur laquelle il était depuis quelques semaines. La vague de fond se faisait déjà sentir dans les sondages. Jean-François Lisée a obtenu une grosse, une très grosse victoire avec 50,63 % des voix au deuxième tour.

Les membres du Parti québécois ont choisi le candidat qui, à n'en pas douter, est le mieux placé pour battre les libéraux de Philippe Couillard aux prochaines élections, en octobre 2018. Lisée est un parlementaire redoutable, un homme d'idées. Et les derniers mois nous l'ont révélé comme étant un solide campaigner et un excellent débatteur.

Les dernières semaines nous ont confirmé qu'il était un habile communicateur, mais qu'il pouvait aussi se débarrasser d'une étiquette d'arrogant et devenir soudainement chaleureux et plein d'esprit aux yeux de plusieurs.

Sa capacité de convaincre les membres du PQ de repousser à un deuxième mandat la tenue d'un référendum sur la souveraineté - c'est quand même l'article premier du programme du parti - relève à la fois de l'exploit et de l'absurdité. Le nouveau chef, si son parti forme le prochain gouvernement, pourra s'appliquer à mettre en place son «ostie» de bon gouvernement - ce sont ses mots - et préparer le terrain à un mandat subséquent qui, lui, sera vraisemblablement marqué par un référendum.

S'ils ont choisi le candidat le mieux placé et le plus expérimenté pour espérer battre les libéraux, ils ont toutefois renoncé à choisir un candidat qui aurait pu reconnecter le parti avec la population. Et avec les jeunes, plus particulièrement. Ça, c'était Alexandre Cloutier qui l'incarnait.

Mais le lièvre Cloutier a vu la tortue Jean-François Lisée le doubler dans le dernier tiers de la course. Le jeune député de Lac-Saint-Jean partait pourtant favori, mais il n'a pas su encaisser les coups. Il s'est souvent retrouvé déstabilisé.

Malgré le concert de mains tendues, la course qui a pris fin vendredi - avec une soirée soporifique à souhait - risque fort de laisser un goût amer dans la bouche de plusieurs militants. Alors qu'une course de cinq mois aurait dû être un moment de visibilité d'une valeur inestimable pour la formation politique et pour les idées qu'elle prône, elle aura plutôt été l'occasion d'assister à une foire d'empoigne ou à une enfilade de coups bas.

On retiendra malheureusement l'allusion par Jean-François Lisée d'un appui de Charkaoui à Alexandre Cloutier, la mise à l'écart de Martine Ouellet pour une publicité du parti, les sorties controversées d'Agnès Maltais, les allusions de partisanerie de Sylvain Gaudreault, l'utilisation par Martine Ouellet du terme «provincialistes» pour désigner ses propres collègues, ou encore le retentissant «Hey!» de Jean-François Lisée à Alexandre Cloutier en plein débat.

Peut-on vraiment espérer des lendemains harmonieux après cette série d'attaques et de dérapages? Les appels au ralliement ont été nombreux. Et derrière une timide volonté des candidats défaits de faire équipe avec Lisée, il restera des marques profondes.

Comme si ce n'était pas assez, la course n'aura pas réussi à raviver la ferveur souverainiste de certains membres ou de militants égarés. Elle n'aura pas non plus soulevé de réel intérêt auprès de ceux qui s'opposent aux politiques d'austérité du gouvernement Couillard.

L'élection de Lisée, quant à elle, aura au moins comme conséquence de donner quelques sueurs froides aux libéraux et aux caquistes, qui voient arriver sous les projecteurs un des plus redoutables politiciens. 

En campagne électorale, il sera encore meilleur.

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