Ça n'a pas de prix

Le déploiement de décembre et la reprise des... (Photo: Francois Gervais)

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Le déploiement de décembre et la reprise des recherches plus tard en juin ont démontré à la population et surtout à la famille que le corps policier n'a jamais baissé les bras dans cette affaire.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les opérations de recherche qui ont été menées par la Sûreté du Québec du 13 au 22 décembre dernier dans le dossier Cédrika Provencher ont coûté près d'un million de dollars. Et puis après? Se trouve-t-il quelque part quelqu'un pour contester ça? Bien sûr que non.

Ce qui est curieux, c'est que des personnes s'étonnent que des médias, dont Radio-Canada qui a obtenu les chiffres, aient décidé de rapporter cette nouvelle. Il n'y a pourtant rien de mal à dire combien ces opérations ont coûté. À ce qu'on sache, la démarche ne visait pas à dénoncer des dépenses trop élevées ou injustifiées.

On a ici affaire à un drame qui dure depuis neuf ans. Un drame qui a bouleversé tout le Québec. Chaque parent, chaque grand-parent, chaque enfant même avaient déjà été ébranlés par la disparition de Cédrika.

On peut facilement comprendre que les émotions ont aussi été vives quand on a eu la confirmation de ce qu'on craignait depuis longtemps: la petite était bel et bien décédée. Il était alors primordial de ramener l'enquête sur le terrain, là où des ossements avaient été trouvés.

Si elle n'avait pas déployé autant de ressources, la Sûreté du Québec aurait été qualifiée de radine. On aurait crié au scandale si on n'avait pas collectivement eu l'impression que la police prenait - encore - l'affaire très au sérieux.

Le déploiement de décembre et la reprise des recherches plus tard en juin ont démontré à la population et surtout à la famille que le corps policier n'a jamais baissé les bras dans cette affaire. 

Mais bien sûr, il visait aussi à mettre de la pression sur un suspect éventuel. L'imposante opération policière et la forte médiatisation qui en découlait naturellement avaient clairement pour but de dire à quiconque pouvait avoir un lien avec cette disparition que l'affaire n'était pas close et que l'étau se resserrait. C'est une stratégie policière bien éprouvée et tout à fait pertinente dans les circonstances.

Le prix de tout ça, maintenant.

Presque un million de dollars. Sans doute plus d'un million si on inclut la reprise des recherches sur le terrain en juin. Nous serions tous bien mal placés pour critiquer chaque sou dépensé dans le but de faire la lumière dans cette affaire. Il y a de ces cas pour lesquels on a tendance à dire que ça coûtera ce que ça coûtera, pourvu qu'on avance et qu'on finisse par trouver quelque chose. Et on n'a pas tort du tout.

Est-ce que cela veut dire qu'on doive taire le montant consacré par les forces policières? Pas du tout. C'est votre argent et le mien. Personnellement, je trouve plutôt rassurant de voir que la SQ a consacré autant d'argent et de ressources - on parlait de près de 200 policiers par moments en décembre - pour résoudre cette affaire et, surtout, pour finir par mettre la main au collet d'un suspect potentiel.

Réagissant aux chiffres dévoilés plus tôt cette semaine par Radio-Canada, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, qui a fondé l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues, ne remet pas en cause les montants consacrés à ces opérations. Mais il se questionne sur l'obligation de toujours avoir recours à des policiers pour mener de telles recherches sur le terrain. Des organismes spécialisés en recherche et sauvetage, réunissant des effectifs souvent bénévoles, pourraient aussi faire le travail, selon lui.

Dans des cas de battues organisées pour retrouver une personne disparue, dans les heures suivant le signalement de la disparition, sa suggestion est certainement valable. Mais en décembre, les recherches étaient au coeur de l'enquête policière déjà bien amorcée. On cherchait des éléments de preuve. Il fallait assurément une expertise policière. Peu importe le prix.

Mais comme le suggère le sénateur Boisvenu, il pourrait être intéressant de regarder ce qui se fait ailleurs, histoire de rendre de telles opérations encore plus efficaces.

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