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La vérificatrice générale, Andrée Cossette.... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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La vérificatrice générale, Andrée Cossette.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quand est-ce que les élus trifluviens vont arrêter de voir la vérificatrice générale comme une méchante ogresse qui sort de sa tanière une fois par année, pendant deux jours, pour leur faire la morale ou leur taper sur les doigts?

Bon, d'accord, ce ne sont pas tous les élus qui la voient ainsi, mais quand même, trop peu d'entre eux la voient comme étant un outil pour le développement et une indispensable alliée pour que les choses soient bien faites.

Depuis qu'elle est en poste comme vérificatrice générale, Andrée Cossette a livré six rapports étoffés, crédibles. Elle a mené des mandats d'initiative de vérification et d'optimisation des ressources originaux et pertinents. Elle a formulé des dizaines de recommandations appropriées pour rendre l'appareil municipal encore plus performant, certes, mais surtout plus transparent, plus rigoureux et plus intègre.

Son plus récent ouvrage, déposé au conseil municipal lundi soir, ne fait pas exception à la règle.

Il y a des questions délicates qui sont soulevées, notamment en ce qui a trait aux dépenses des fonctionnaires, à la gestion des billets de faveur à l'Amphithéâtre Cogeco, à l'organisation du temps de travail au sein de la sécurité publique. Ce ne sont que des exemples de la portée d'une vérification interne à l'échelle municipale.

Si la majorité des observations et des recommandations touchent la gestion et l'administration, d'autres abordent des questions liées à l'éthique, à l'organisation du travail, à la reddition de comptes. 

Et c'est en cela que les membres du conseil municipal, le maire en premier lieu, devraient faire preuve d'une plus grande considération envers les rapports de la vérificatrice et devraient voir en elle une ressource intéressante, surtout dans un contexte où il y a des projets majeurs qui s'en viennent et où il y aura inévitablement des attributions de contrats majeurs. Elle a d'ailleurs dit qu'elle allait suivre de près ces projets. Autant profiter de son expertise.

Il n'est pas normal que les commentaires du maire sur le rapport de la vérificatrice se limitent à des généralités exprimées en cinq minutes, tout juste avant l'assemblée publique du conseil. Un tel travail doit être décortiqué. Oui, on peut être fier d'avoir un taux de 73 % de recommandations appliquées ou en voie de l'être, mais il importe de démontrer qu'on prend au sérieux ce qui est soulevé.

Pour s'approprier davantage le travail de la vérificatrice et pour en modifier la perception, le conseil municipal aurait grand intérêt à remettre en service le comité de vérification. Ce comité, dont la formation est permise par la Loi sur les cités et villes, avait été implanté à Trois-Rivières par résolution en 2003. Depuis 2009, il est inactif et plus personne n'y est nommé. Auparavant, il n'avait à peu près jamais siégé. Le maire a déjà dit qu'une telle structure était superflue et inefficace.

Un comité de vérification composé d'élus et de citoyens pourrait devenir un complément intéressant au poste de contrôleur, créé par la Ville entre autres pour assurer les suivis des rapports de vérification. Des élus ont longtemps réclamé de rendre de nouveau opérationnel le comité de vérification. La VG elle-même l'a fait à quelques reprises, comme ses prédécesseurs l'avaient fait.

La Ville de Trois-Rivières n'a pas de comité de vérification comme elle n'a pas d'ombudsman, pas de protecteur du citoyen, pas de conseiller en éthique. Les expériences menées ailleurs démontrent que de telles entités peuvent être hautement efficaces, à condition d'y mettre un peu de volonté et de ne pas dénigrer d'emblée le travail que celles-ci pourraient effectuer.

Un travail efficace de collaboration entre la vérificatrice d'une part et les élus et fonctionnaires d'autre part, par le biais d'un comité de vérification, pourrait permettre d'éviter des dérapages, de voir venir les coups et de mieux faire les choses.

Pour une Ville, on appelle ça de la plus-value.

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