C'est vrai que ça pue

Depuis 15 jours, les odeurs sont devenues tellement... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

Depuis 15 jours, les odeurs sont devenues tellement intenses et insupportables que le maire de Saint-Étienne-des-Grès a jugé bon de contacter la Santé publique.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Il faut vraiment être insensible olfactivement pour ne pas se rendre compte que ça ne sent pas bon à Saint-Étienne-des-Grès. Et c'est vrai que c'est pire que d'habitude. Et que l'odeur se rend plus loin que d'habitude. Le maire Landry a bien raison d'exprimer sa colère.

On a parfois pu douter du seuil de tolérance de certains Stéphanois qui se disaient incommodés par les odeurs provenant du lieu d'enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès, mais cette fois, il faut bien reconnaître que ça dépasse les limites acceptables.

Il n'est même pas nécessaire d'aller dans le village pour voir que quelque chose cloche. Il suffisait d'emprunter l'autoroute - comme l'ont fait des milliers d'automobilistes et de propriétaires de véhicules récréatifs pendant le Festival western - pour percevoir cette forte odeur. Et malheureusement, on ne pouvait pas attribuer cela au vent ou à l'humidité.

Visiblement, il reste des travaux à faire aux installations de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie. La ligne de transport de 40 cm de diamètre et de près d'un kilomètre de long n'étant pas encore construite, la Régie a dû mettre des bouchons sur les puits de captation du biogaz. Et ces bouchons ne tiennent pas le coup. Pire, la Régie a dû attendre après plusieurs pièces d'équipement de la part de fournisseurs. Ça donne une vague impression de broche à foin.

Bien sûr, le temps joue contre la Régie. Il faut se demander si les conditions strictes imposées par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour que la Régie puisse accroître sa capacité d'enfouissement étaient réalistes et raisonnables.

L'hypothèse du maire Landry selon laquelle ces délais ont poussé la Régie à agir en catastrophe est, en tout cas, loin d'être sans fondement.

Le président de la Régie, René Goyette, disait mardi qu'il commençait à «être un peu en panique» face à l'imminence de l'échéance et, on s'en doute, face aussi à ces travaux requis pour contrôler les odeurs, gérer les biogaz, gérer les eaux de lixiviation et réduire les concentrations de zinc. 

Le ministère a émis un bête avis de non-conformité. Ne serait-il pas du ressort d'un ministère de l'Environnement digne de ce nom de proposer aussi de l'aide dans des cas comme ceux-là? 

Les résidents de Saint-Étienne-des-Grès paient déjà cher le prix d'avoir un lieu d'enfouissement dans leur cour. La moindre des choses serait d'être sensible non seulement à leurs préoccupations, mais à leur santé.

On n'a encore aucune idée précise des conséquences possibles de l'inhalation des gaz émanant du lieu d'enfouissement. Les nouvelles études de dispersion ont révélé la présence de soufre et de chlorure de vinyle dans l'air, ce qui n'a rien de rassurant.

La bonne nouvelle, s'il en est une, c'est que les travaux en cours devraient permettre à la Régie de réduire considérablement, voire d'éliminer le rejet de biogaz nauséabonds dans l'air.

Mais on dirait que le chemin pour en arriver là est non seulement long et pénible, il est aussi parsemé d'embûches.

Les résidents de Saint-Étienne-des-Grès, et aussi les contribuables de toutes les villes et municipalités de la région qui payent pour faire fonctionner la RGMRM, ont bien hâte d'avoir un jour la vague impression que les choses vont bien à la Régie.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer