Martine et les coups bas

Martine Ouellet... (Photo PATRICK WOODBURY, archives Le Droit)

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Martine Ouellet

Photo PATRICK WOODBURY, archives Le Droit

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Le Parti québécois, on le sait, est une pépinière à querelles. En tout cas, il en a les mêmes initiales. Et ce n'est peut-être pas un si grand hasard.

S'il est parfois tentant de pointer du doigt des facteurs extérieurs qui causent parfois de l'interférence au sein du parti, il faut reconnaître que la plupart du temps, les problèmes viennent souvent de l'interne. Et le parti n'a alors que lui-même à blâmer.

La candidate à la direction du PQ, Martine Ouellet, l'a appris à ses dépens. Une fois de plus, pourrait-on dire.

Il faut donner raison à la principale intéressée, qui se plaint d'avoir été écartée d'une publicité du Parti québécois et qui critique l'ingérence du chef intérimaire Sylvain Gaudreault et de l'establishment du Parti dans la présente course à la direction.

L'histoire de la publicité est frappante de mépris. Parce qu'elle a proposé de dire «Je suis indépendantiste» plutôt que «Nous sommes Parti québécois» dans une vidéo dans laquelle vingt-quatre députés du PQ se nomment à tour de rôle, elle en a été écartée, tout simplement.

Alors on voit défiler la presque totalité du caucus péquiste, dont les deux autres députés qui sont dans la course à la direction, Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée. Mais pas Martine Ouellet.

Ce n'est rien pour améliorer les relations déjà tendues entre les candidats à la chefferie. Ce n'est surtout rien pour changer la perception que bon nombre de Québécois ont du PQ, celle selon laquelle ce parti est un véritable panier de crabes.

Les récriminations de Martine Ouellet se déploient aussi sur un autre flanc. La députée de Vachon critique sévèrement le chef intérimaire, l'accusant de s'être ingéré dans la course lorsqu'il est intervenu auprès d'elle pour critiquer certaines de ses déclarations publiques.

Mme Ouellet avait participé la semaine dernière à une conférence de presse conjointe avec Québec solidaire pour attaquer le projet de loi 106 visant à créer TransÉnergie Québec.

On l'accuse aussi de bien d'autres maux. On la tient responsable de frustrations de certains élus du parti qui se font traiter de «provincialistes» parce qu'ils ne partagent pas son empressement à vouloir se concrétiser une démarche référendaire et une accession à l'indépendance.

On lui reproche aussi une sortie qu'elle a faite pour réclamer la démission de Gaétan Barrette. Bref, elle est la cible de bien des tirs. Et de tirs amis, c'est ça le problème.

Même si les sondages la placent assez loin derrière Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée dans la course au leadership, et même si elle est loin de faire l'unanimité, Martine Ouellet est assurément une candidate solide.

Oui, elle dérange. Oui, elle a une vision à plus court terme pour ce qui est de la tenue d'un référendum. Mais avoir une candidate un peu plus rebelle dans une course à la chefferie devrait être un atout pour le parti lui-même.

Depuis quelques jours, on a plutôt l'impression que le Parti québécois - ou du moins l'establishment de celui-ci - ne semble pas apprécier les empressés, ne tolère pas la différence, n'est pas à l'aise avec ceux ou celles qui refusent de mettre l'indépendance en sourdine pour ne pas effrayer l'électorat.

Vraiment, la succession d'épisodes des derniers jours, de la bisbille Cloutier-Lisée à la pub discriminatoire, en passant par les accusations d'ingérence, n'aura surtout pas comme conséquence de redonner du lustre à l'image de ce parti.

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