Une opération séduction

Les délégués à la conférence des Nations unies... (La Presse Canadienne)

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Les délégués à la conférence des Nations unies ont applaudi Justin Trudeau, lorsqu'il a mentionné que le Canada avait accueilli près de 31 000 réfugiés syriens depuis l'an dernier.

La Presse Canadienne

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Le premier ministre Justin Trudeau poursuivra aujourd'hui son opération séduction à l'extérieur des frontières du pays, dans le but avoué de permettre au Canada d'obtenir un siège au conseil de sécurité de l'ONU.

Même s'il y a encore loin de la coupe aux lèvres quant à cet objectif, son discours devant l'assemblée générale des Nations unies est semble-t-il très attendu.

La séquence d'activités du premier ministre, au cours des derniers jours, démontre bien la volonté de repositionner le Canada à l'avant-plan sur la scène internationale. La semaine dernière, dans le cadre de la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, il annonçait que le Canada allait contribuer pour 804 millions $ au cours des deux prochaines années.

Mais l'opération consistait surtout à lancer un appel à la communauté internationale et à rappeler que le Canada est un joueur important à l'échelle internationale pour les questions de développement social, humanitaire et sanitaire. 

L'occasion était belle pour Justin Trudeau de poser fièrement aux côtés du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et de conclure la conférence de Montréal en célébrant l'atteinte de l'objectif de 13 milliards $.

Le leadership de Justin Trudeau lui a valu les éloges de Bono, qui a félicité le Canada pour son rôle de chef de file dans la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Il a surtout repris la citation de Barack Obama, lorsque ce dernier s'était adressé au Parlement canadien: «Le monde a besoin de plus de Canada». Ça devait sonner comme de la musique - peut-être de la musique de U2 - aux oreilles du premier ministre. 

Un autre ténor du développement international a lui aussi félicité le Canada. Bill Gates a en effet salué «le nouveau leadership du Canada en matière de développement international et son engagement pour améliorer la santé et le bien-être des plus pauvres de la planète».

Ce ne sont pas des déclarations banales. Et elles vont sans doute faire leur effet auprès des chefs d'État qui redécouvrent un Canada généreux.

Lundi, le premier ministre réaffirmait le leadership du Canada en ce qui a trait à l'accueil des réfugiés et à la migration internationale.

Il en a profité pour annoncer, aux côtés de la reine de Jordanie, que le gouvernement du Canada allait augmenter de 10 % l'aide humanitaire au cours de l'exercice financier actuel, mais qu'il allait aussi injecter de nouveaux fonds de plus de 64,5 M$ pour aider des gens touchés par des crises humanitaires partout dans le monde, ainsi que 467 M$ en programmation dans le cadre de la stratégie canadienne de lutte contre les crises en Syrie, en Iraq et au Moyen-Orient.

Là encore, il y a de quoi impressionner la communauté internationale. 

Mais le contrecoup de ces annonces pourrait bien venir de l'intérieur même du pays. Le premier ministre a beau jouir d'une solide popularité et ne pas avoir fait trop de faux pas jusqu'à maintenant, il reste que de nombreux Canadiens pourraient trouver que les engagements internationaux du Canada sont considérables et que les besoins sont toujours criants à l'intérieur même du pays.

Une succession d'annonces comme celle à laquelle on assiste risque d'être mal perçue par de nombreux Canadiens, malgré la nécessaire affectation de fonds à l'aide internationale.

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