Madame David, écoutez Donald!

Daniel McMahon, recteur de l'UQTR, et Hélène David,... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Daniel McMahon, recteur de l'UQTR, et Hélène David, ministre responsable de l'Enseignement supérieur.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

C'est loin d'être une mauvaise idée. Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, souhaite que la ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, se mette le nez dans le dossier des procédures en cours entre l'Université du Québec à Trois-Rivières et deux de ses anciens cadres, Alain Fournier et Martin Gélinas.

Il serait grand temps que le gouvernement, duquel relève l'institution, doit-on le rappeler, vienne mettre un peu d'ordre dans tout ça.

On serait tenté de dire que la farce a assez duré, mais malheureusement, il n'y a pas de quoi rire.

C'est même une tragédie quand on regarde les dommages que les interminables procédures, notamment devant le Tribunal administratif du travail, ont causés non seulement à l'institution mais surtout à des individus qui avaient agi comme lanceurs d'alerte.

L'Université est en train d'engloutir des centaines de milliers de dollars dans des recours judiciaires qui n'en finissent plus et qui ont un impact catastrophique sur l'image de l'établissement. Il y a certainement quelque chose de contradictoire entre ce buffet à volonté en matière de frais juridiques et la volonté du nouveau recteur de mettre en branle un audacieux plan de redressement budgétaire.

On se demande encore pourquoi l'entente de principe, dans le dossier d'Alain Fournier, a été rejetée par le conseil d'administration de l'UQTR, replongeant les parties dans le coûteux processus.

L'idée du député caquiste de forcer le gouvernement à intervenir mérite une analyse sérieuse. En fait, depuis le rapport dévastateur de la Vérificatrice générale du Québec, en mai 2015, les témoins d'alerte auraient dû s'allumer sur le tableau de bord gouvernemental. Il y a bien eu la destitution de la rectrice Nadia Ghazzali, mais le malaise est plus profond. Et les deux causes toujours pendantes en sont la preuve.

Le député Martel, par le biais d'une longue lettre à la ministre David, reprend en quelque sorte le flambeau de son ancienne collègue Sylvie Roy, aujourd'hui décédée, qui a longtemps réclamé la mise en tutelle de l'UQTR.

Cette fois, on évoque l'idée d'une commission parlementaire spécifiquement sur la situation de l'UQTR. L'Assemblée nationale a déjà acquiescé à la tenue d'audiences de commissions parlementaires pour moins que ça et sur des sujets au moins aussi préoccupants que le cas de l'UQTR.

L'intervention est d'autant plus pertinente qu'on est en plein débat sur la protection des lanceurs d'alerte au sein de la fonction publique ou des instances relevant du gouvernement.

Le député estime, avec raison, que le sort des deux anciens cadres supérieurs de l'UQTR aurait pu être différent si le projet de loi visant à faciliter la divulgation d'actes répréhensibles dans les organismes publics avait été en vigueur.

Il rappelle aussi que les procédures en cours risquent d'avoir un effet dissuasif certain sur d'autres personnes qui pourraient un jour ou l'autre dénoncer des irrégularités, à l'UQTR ou ailleurs.

Et au-delà des sommes considérables qui auront été englouties dans ces causes, il faut garder à l'esprit que c'est surtout l'image et la réputation de l'Université qui sont sérieusement écorchées. Tout cela porte évidemment ombrage à la volonté de redresser la situation financière de l'UQTR et relègue au deuxième plan tous les bons coups qu'on tente de mettre en lumière. Il faudra un jour que quelqu'un, quelque part, réalise cela.

Donald Martel estime que ce quelqu'un, c'est peut-être la ministre David. Et pourquoi pas?

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