Savoir écouter son coeur 

Le maire Yves Lévesque est sorti à l'extérieur... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le maire Yves Lévesque est sorti à l'extérieur de l'hôtel de ville pour serrer la pince à Bacon.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Décidément, le règne animal est en train de forcer un nécessaire dépoussiérage des règlements municipaux en matière de garde et contrôle des animaux.

Après les poules urbaines il y a quelques mois, c'est au tour du microcochon de susciter une réflexion quant au statut que l'on doit lui accorder aux yeux de la loi. Clairement, il devrait s'agir d'une espèce entrant dans la définition d'un animal domestique ou d'animal de compagnie.

L'histoire de Bacon, ce microcochon devenu célèbre grâce au combat que mène sa propriétaire pour pouvoir le conserver, a été fortement répercutée dans les médias. Et comme si ce n'était pas assez, on avait droit mercredi à une photo aussi spectaculaire qu'attendrissante du maire Lévesque qui est sorti sur le parvis de l'hôtel de ville, mardi soir, pour serrer la pince à Bacon et faire connaissance avec cette créature, véritable vedette instantanée.

Le maire s'est montré sensible à la cause de Catherine Richard Daigneault, cette Trifluvienne qui a lancé une pétition pour pouvoir conserver son microcochon à la maison. «Si on écoute notre coeur, c'est oui. Si on écoute notre tête, c'est non», a-t-il résumé.

Ne serait-il pas temps que le conseil écoute un peu son coeur, justement? Il y a des règlements municipaux qui ne demandent pas mieux qu'à être dépoussiérés et mis à jour. Celui sur la garde des animaux en est un parfait exemple. Il y a quelques années, on n'entendait à peu près pas parler de poules élevées en milieu urbain. Ni de microcochons domestiques.

Il faut savoir s'adapter aux mouvements de société, comme la Ville de Trois-Rivières l'a bien fait pour l'imposition de bacs roulants ou encore pour une réglementation plus serrée en matière d'arrosage. 

Dans le cas des microcochons, il n'est peut-être même pas nécessaire de modifier le règlement sur la garde des animaux. Celui-ci définit un animal de ferme comme étant un animal «qu'on retrouve habituellement sur une exploitation agricole, aux fins de production alimentaire, de reproduction ou de loisir». Ce n'est clairement pas le cas d'un microcochon, qui fait ses besoins dans une litière, que l'on promène en laisse et que l'on doit enduire de crème solaire si on l'expose trop longtemps au soleil. Et la dernière chose que veulent les propriétaires d'un cochon domestique, c'est qu'il finisse en saucisse, en filet, en longe, en jambon ou en bacon. Bacon sans majuscule, évidemment.

Mieux encore, le même règlement municipal définit un animal de compagnie comme étant un animal qui vit auprès de l'homme pour l'aider ou le distraire et dont l'espèce est domestiquée, notamment: un chien, un chat, un poisson d'aquarium, un hamster, une gerbille, une gerboise, un cochon d'Inde, un furet, un lapin nain, un reptile - avec exceptions, évidemment - ou un oiseau - là encore avec certaines restrictions.

Le mot clé, ici, c'est «notamment». On comprend que la liste des espèces mentionnées à la suite de cet adverbe n'est pas exhaustive. Le mot «notamment» peut avoir comme sens «par exemple» ou «entre autres». Que le microcochon n'y figure pas encore ne signifie pas qu'il doit être exclu de la liste des animaux dits de compagnie.

D'autres villes ont un peu d'avance sur Trois-Rivières et ont choisi d'adapter la réglementation municipale pour encadrer la garde d'un microcochon. Ailleurs, on a choisi de faire preuve de tolérance dans l'application du règlement. Ici, on dirait que la SPA se transforme en véritable Gestapo à la moindre plainte. Et au conseil municipal, on aime bien utiliser l'excuse de la plainte pour justifier l'intervention.

Et si un citoyen porte plainte parce que son voisin arrose sa pelouse alors que ce n'est pas permis, doit-on couper l'eau pendant six mois au citoyen délinquant? Et si la plainte concerne un bébé qui pleure trop fort, enverrait-on systématiquement la DPJ pour l'arracher à ses parents?

Le gros bon sens a aussi sa place dans un débat comme celui-là.

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