On efface et on recommence

La première journée des audiences de l'Office national... (photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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La première journée des audiences de l'Office national de l'énergie (ONÉ) a été marquée par du brouhaha.

photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Décidément, ça ne regarde pas bien du côté des audiences de l'Office national de l'énergie concernant le projet d'oléoduc Énergie Est.

Non seulement sont-elles suspendues depuis le 30 août en raison des demandes de récusation touchant deux commissaires, mais on ne sait toujours pas à quel moment elles reprendront. Et lorsqu'elles reprendront, est-ce que ce sera avec les commissaires Jacques Gauthier et Lyne Mercier? Si oui, ça ne fait plus très sérieux.

Ces commissaires, rappelons-le, ont rencontré Jean Charest alors qu'il était consultant pour TransCanada, toujours en lien avec ce projet d'oléoduc. Et le quotidien Le Devoir faisait état, dans son édition de mardi, de leurs liens étroits avec l'industrie pétrolière et gazière dans un passé pas si lointain.

Jacques Gauthier, par exemple, dirigeait, tout juste avant sa nomination comme commissaire pour l'Office national de l'énergie (ONE), une entreprise qui commanditait une association de promotion des pipelines.

Peut-être l'homme est-il parfaitement intègre, neutre et capable de discernement. Peut-être. On ne peut pas dire, pour reprendre un slogan publicitaire très à la mode ces jours-ci. Mais il n'y a certainement pas apparence de neutralité et d'objectivité.

L'homme - tout comme sa collègue Lyne Mercier - est encore peinturé aux couleurs du puissant lobby de la filière énergétique.

Ces demandes de récusation, parfaitement justifiées compte tenu des circonstances, viennent sérieusement entacher le processus de consultation que doit mener l'ONE dans le dossier de l'oléoduc.

En tout cas, ces demandes et tous les questionnements qu'elles soulèvent viennent donner des munitions à ces organismes ou à ces villes qui avaient refusé de consacrer les efforts nécessaires à faire valoir leur point de vue dans le cadre de ce processus de consultation.

Si la Ville de Trois-Rivières cherchait une excuse par excellence pour justifier son peu d'intérêt envers les audiences, elle vient de la trouver.

Il sera impératif que l'ONE démontre une volonté de rendre crédible son processus.

Ou que le gouvernement fédéral, qui se lave les mains depuis la semaine dernière en rappelant que l'ONE est un organisme indépendant, intervienne pour encadrer adéquatement ce processus de consultation. Comme il le fait pour Postes Canada ou pour la réforme du mode de scrutin.

Même si elles ont leurs défauts, ces deux consultations s'amorcent dans un cadre franchement plus crédible.

Et entre vous et moi, l'enjeu concernant la façon dont le pétrole va traverser le territoire canadien est au moins aussi important que la façon dont les lettres et les cartes postales seront distribuées...

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