Pelleter par en avant

Puisque Postes Canada nous a déjà mis dans l'ambiance des Fêtes avec son... (Le Quotidien)

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Le Quotidien

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Puisque Postes Canada nous a déjà mis dans l'ambiance des Fêtes avec son communiqué de presse qui nous parle de la période des envois postaux à l'approche de Noël, on peut bien utiliser une autre expression hivernale et dire que la société d'État et ses employés viennent de faire du beau pelletage par en avant.

Dans son communiqué publié mardi soir, Postes Canada mentionnait qu'avec les ententes de principe intervenues avec le syndicat, les Canadiens pourraient désormais utiliser le service postal en toute confiance.

Et on ajoutait que cela était particulièrement important au moment où les entreprises canadiennes, grandes et petites, «commencent déjà à planifier la période achalandée d'expédition pour les Fêtes».

Difficile de dire si un grand nombre d'entreprises ont déjà la tête dans la période des Fêtes, mais tant mieux si ce règlement leur permettra de mieux planifier. Parce que leur bonheur risque peut-être d'être de courte durée. Comme les ententes de principe elles-mêmes.

Postes Canada et le Syndicat des travailleurs et des travailleuses des postes (STTP) se sont entendus sur le renouvellement de la convention collective pour une durée de deux ans. Les conventions négociées par le passé s'étendaient sur quatre ans.

On ne sait pas exactement à quoi ressemble le contenu de cette proposition qui vient étouffer la menace d'interruption de la livraison du courrier qui plane sur le Canada depuis plusieurs semaines déjà.

Ce qu'on sait, c'est que le syndicat, qui représente quelque 50 000 employés à travers le pays, considère avoir fait des gains importants, notamment en ce qui a trait à la disparité salariale entre les facteurs ruraux et les facteurs urbains.

Mais ce qu'on sait surtout, c'est que les discussions sur plusieurs enjeux majeurs, par exemple sur la situation financière de la société d'État ou sur la viabilité des régimes de retraite, se retrouvent repoussées. Et on n'aborde pas encore des enjeux de gestion interne comme le contrôle des horaires de travail ou du temps supplémentaire.

On a pelleté par en avant, et il n'est pas dit que lorsque reprendront - dans moins de deux ans normalement - les discussions sur le renouvellement de la convention collective, on se retrouve à nouveau devant une impasse et que la menace d'une grève ou d'un lock-out réapparaîtra. Les impasses risquent d'être très semblables à ce qu'elles ont été depuis le début des négociations actuelles.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne, la vice-présidente de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante mentionnait mercredi, avec raison, que ce n'est pas en poussant un problème en avant qu'on règle le problème de fond.

Au moins, les entreprises et les Canadiens en général pourront utiliser les services de Postes Canada sans craindre une interruption.

Est-ce que l'intervention de la filiale canadienne d'eBay, qui demandait lundi au gouvernement fédéral d'élaborer une «solution législative» pour régler le conflit, a pu effaroucher les parties au point d'accélérer la conclusion d'une entente? Ce n'est pas impossible.

Le blitz de négociations intenses, au cours duquel les parties étaient accompagnées d'un médiateur spécial nommé par le gouvernement fédéral, a porté fruit.

Et ces mêmes parties ont dû se dire: «on se revoit bientôt».

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