L'appétit de Shawinigan

Depuis qu'est né ce débat sur les équipements... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Depuis qu'est né ce débat sur les équipements et services supralocaux, Shawinigan et ses voisines se regardent en chiens de faïence.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Shawinigan) On dirait bien que Shawinigan et ses proches voisines se rapprochent d'une entente concernant le principe du partage de coûts reliés aux équipements supralocaux

L'appétit de la ville-centre aurait considérablement diminué, ce qui pourrait favoriser une ouverture de la part des maires des municipalités qui ont plusieurs fois dénoncé l'attitude cavalière de Shawinigan dans ce dossier.

La rencontre convoquée par la ministre régionale Julie Boulet à Louiseville, lundi, pourrait donc porter fruit. Et si on peut enfin en arriver à un dénouement dans ce contentieux, ce serait un soulagement pour toute la région.

Depuis qu'est né ce débat sur les équipements et services supralocaux, Shawinigan et ses voisines se regardent en chiens de faïence. Les plus petites municipalités trouvaient Shawinigan gourmande dans ses réclamations et, surtout, cavalière dans sa façon d'avoir refilé des factures.

L'accompagnement d'une médiatrice de la Commission municipale du Québec pour une rencontre d'information entre les maires avait été nécessaire au début mars, mais n'avait pas permis de dénouer l'impasse. Shawinigan devait par la suite demander par résolution l'intervention du ministre Martin Coiteux.

Bref, ce dossier piétine depuis trop longtemps.

Or, voilà que le maire Michel Angers propose de reprendre les négociations à partir de nouveaux montants. Au départ, l'étude commandée unilatéralement par Shawinigan à Raymond Chabot Grant Thornton concluait que la ville-centre pouvait légitimement réclamer une somme de tout près d'un demi-million $ à neuf municipalités avoisinantes pour l'utilisation de différents services et équipements supralocaux.

Cette fois, les montants auraient été revus à la baisse et la palette de services ou d'équipements englobés par le principe de partage des coûts serait moins large qu'elle l'était initialement.

Il va de soi qu'une ville comme Shawinigan, qui taxe ses propres citoyens pour se doter d'équipements ou de services adéquats, puisse légitimement exiger une compensation pour l'utilisation par des citoyens de l'extérieur.

Dans plusieurs autres agglomérations ou dans certaines municipalités régionales de comté ailleurs au Québec, le principe du partage des coûts pour les supralocaux fonctionne déjà plutôt bien.

Il faut maintenant laisser les maires négocier entre eux à partir de la proposition révisée. Peut-être, s'il y a une dose de bonne volonté autour de la table, que Shawinigan et ses voisines pourraient joindre les rangs de ces agglomérations où on s'accommode d'un partage équitable des coûts. Le mot «équitable» est ici un mot-clé.

Si le droit de la ville-centre de réclamer des compensations à ses voisines pour les services utilisés par des citoyens de l'extérieur de son territoire est reconnu, peu importe le montant de chacune des factures, alors Shawinigan aura atteint son objectif. Une fois que le principe sera accepté par les maires des villes voisines - si elles l'acceptent évidemment -, ce sera difficile de revenir en arrière.

Alors certains pourront alors se demander - avec raison - si, au fond, la stratégie de Shawinigan n'était pas celle des gros sabots. En mettant dès le départ les voisines devant le fait accompli, à partir d'une étude qui conclut ce que Shawinigan souhaitait bien que l'on conclue, il est clair que cela allait susciter une grogne en périphérie.

Et si, maintenant, on baisse les montants de façon significative, Shawinigan aura gagné sur le principe, et les maires des municipalités avoisinantes auront l'impression qu'ils ont au moins gagné sur leur argument selon lequel la facture était trop élevée ou que les conclusions de l'étude étaient peu crédibles.

Alors l'impasse que l'on craignait depuis le début pourrait maintenant ressembler à une situation gagnant-gagnant.

Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, mais on peut au moins espérer un dénouement, maintenant que sont rouverts les canaux de communication.

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