Perdu dans la «malle»

Un sac postal contenant une quantité importante de... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Un sac postal contenant une quantité importante de courrier a été retrouvé dans le casier d'un ancien facteur, au bureau de poste de Trois-Rivières. Le courrier non distribué datait de mars 2008.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Comment diable a-t-on pu laisser une poche de courrier pendant huit ans dans le casier d'un ex-employé de Postes Canada sans que personne ne découvre quoi que ce soit?

Difficile d'être convaincu que la société d'État est une compagnie sérieuse dans la gestion de son personnel et dans l'entretien de ses installations quand on nous arrive avec une histoire aussi invraisemblable que celle rapportée dans nos pages jeudi.

On a beau vouloir être sensible à la nécessité de préserver Postes Canada et de maintenir les services offerts, être sympathique aussi à la cause des facteurs et des employés, mais force est d'admettre que ce sont des épisodes comme ce vol de courrier et surtout le laxisme qui en découle, qui ont pour effet d'effriter l'appui de la population.

Pour un petit rappel des faits, le personnel de Postes Canada a retrouvé par hasard, il y a quelques semaines, un sac contenant plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de lettres datées de 2008. Le sac se trouvait dans le casier laissé vacant - mais toujours verrouillé - lors du congédiement du facteur en question, il y a trois ou quatre ans.

Comment se fait-il qu'une procédure de congédiement n'inclue pas une remise de clés et une inspection des casiers et du matériel appartenant à l'employeur? Et que les opérations d'entretien du vestiaire des facteurs, comme celle qui a permis la découverte du sac de courrier, n'aient pas lieu plus fréquemment?

Postes Canada a rédigé une petite lettre d'excuses avant d'envoyer, vendredi dernier, des superviseurs livrer celle-ci avec le courrier passé date aux destinataires oubliés. Le plus absurde, pour ces destinataires, c'est de recevoir ce courrier huit ans plus tard.

Pour une carte postale, l'histoire serait attendrissante. Mais pour des contraventions, des avis de renouvellement de permis de conduire ou d'immatriculation, des chèques d'aide sociale ou de sécurité de la vieillesse, des avis de cotisation pour les impôts, parce que c'est de tout cela dont il s'agit ici, c'est franchement inquiétant.

Qu'est-ce qui a bien pu pousser ce facteur délinquant à entasser comme un écureuil le ferait avec des noix, autant de courrier au fond de son casier? Il serait étonnant que le vol avec enrichissement soit l'objectif poursuivi. L'argent comptant par la poste, on ne voit plus ça très souvent.

Se pourrait-il alors que le volume de courrier qu'il avait à livrer à l'époque était plus élevé que ce qu'il pouvait faire, ou plus élevé que celui de ses collègues? Et que lui aussi voulait finir son boulot plus tôt?

Parce que l'épisode de courrier oublié soulève bien des discussions sur le laxisme au sein de la société d'État, notamment sur la gestion du personnel et des opérations. On pourrait évoquer le nombre d'heures réellement travaillées par certains facteurs, payés pour huit mais de retour chez eux au bout de quatre ou cinq.

Le citoyen contribuable qui a droit aux services de Postes Canada peut légitimement se demander si le courrier est bel et bien livré tous les jours dans son secteur. Et quand on attend une livraison de colis et qu'on tombe inévitablement sur un avis de tentative de livraison et de disponibilité du colis au comptoir le plus proche, est-il possible que le facteur n'ait même pas tenté, effectivement, de livrer le colis lui-même?

Ce sont autant de questions qui pourront être soulevées dans le cadre de l'examen indépendant que mène le gouvernement du Canada sur le service des Postes.

Les libéraux, rappelons-le, ont créé cette mission d'examen associé à une consultation publique, afin de s'assurer que les Canadiens obtiennent des services postaux de qualité, à un prix raisonnable.

La qualité vient, en tout cas, d'en prendre un coup avec cet épisode. Tout comme l'image de Postes Canada en général.

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