L'intérêt du patient

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La Maison Albatros

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Maison Albatros, comme la majorité des centres de soins palliatifs au Québec, n'aura d'autre choix que de revoir sa position sur l'aide médicale à mourir. Si l'organisme place à ce point l'intérêt du patient au coeur de son mandat et de sa mission, il devra en faire la démonstration.

S'il y a une chose qui ne fait pas de doute, c'est que la Maison Albatros est une richesse inestimable pour la région. Une fierté, aussi, puisque c'est à Trois-Rivières qu'est né le mouvement du même nom. Mais une récente décision du conseil d'administration de l'organisme soulève plusieurs questions.

La direction et le personnel de la Maison Albatros de Trois-Rivières ont reçu, au cours de l'été, une première demande d'aide médicale à mourir. La demande a été référée au Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières. Il n'était pas question de fournir au patient hébergé chez Albatros depuis un certain temps l'aide médicale à mourir qu'il réclamait.

Pourquoi? Parce qu'on a voulu respecter la mission et le mandat du centre de soins palliatifs et parce qu'on ne voulait surtout pas créer de confusion auprès des personnes susceptibles de faire le choix de finir leurs jours dans ce centre.

Visiblement, Albatros n'a pas encore ajusté sa démarche et son continuum de services à la nouvelle réalité de l'aide médicale à mourir.

La reconnaissance législative et légale de l'aide médicale à mourir ne vient pas créer l'obligation pour les centres de soins palliatifs d'«offrir» cette option aux patients comme on offre un menu aux clients d'un restaurant, en attendant un choix de leur part.

On ne demande donc pas aux maisons de soins palliatifs d'offrir l'aide médicale à mourir dans le sens de «proposer», mais plutôt de savoir acquiescer à une demande qui pourrait être faite en ce sens. Savoir acquiescer à une telle demande, c'est surtout ne pas volontairement provoquer le déplacement du patient vers un hôpital.

Un patient en fin de vie qui fait sciemment le choix de demander l'aide médicale à mourir ne doit pas être déraciné d'un milieu qui lui est familier et dans lequel lui et ses proches se sentent bien. Les maisons de soins palliatifs, avec la qualité des services et des ressources qu'on y trouve, constitueraient d'ailleurs des milieux idéaux pour que soit prodiguée l'aide médicale à mourir.

Mais la réflexion des dirigeants de ces centres n'est pas rendue là, on dirait bien.

Pourtant, si on considère comme sacro-saint l'intérêt du patient, on devrait accepter les demandes d'aide médicale à mourir. Dans le contexte actuel, on préfère placer la philosophie de l'organisme avant l'intérêt du patient. Ce n'est pas normal. Il faut plutôt redéfinir la mission de ces organismes pour permettre cette nouvelle possibilité qui s'offre au patient et qui est déjà bien encadrée. Parce que dans le cas actuel, on force plutôt un patient potentiel à accepter le fait qu'il n'y ait pas sur place de possibilité d'aide médicale à mourir.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a raison de rappeler à l'ordre les centres de soins palliatifs. Le débat sur le sujet a été fait, le cadre légal a été défini tant au Québec qu'au Canada. Le principe lui-même est largement accepté par la population.

Les patients qui entrent chez Albatros ou dans quelque autre centre de soins palliatifs sont déjà traités avec grand respect et avec beaucoup d'affection de la part du personnel. Ils sont souvent même aux petits oignons. On répond du mieux qu'on peut à leurs demandes.

Si la souffrance devient un jour trop grande et qu'une de ces demandes devait concerner l'aide médicale à mourir, ce serait la moindre des choses d'y donner suite.

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