Le malade mental

Donald Trump... (AP, Evan Vucci)

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Donald Trump

AP, Evan Vucci

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

C'est la goutte qui fait déborder le vase. On savait déjà que Donald Trump ne faisait pas dans la dentelle et que ses propos sont soit ridicules, soit inquiétants.

Mais ce qu'il a dit mardi est carrément dangereux et prouve une fois de plus qu'il n'est pas apte à occuper la présidence des États-Unis.

Lors d'un rassemblement en Caroline du Nord, Trump a surpris tout le monde avec une autre déclaration ahurissante qui avait toutes les apparences d'une incitation à la violence.

En gros, le candidat parlait du deuxième amendement - celui qui permet la possession et le port d'armes à feu - et disait à ses partisans que si Hillary Clinton remportait l'élection, elle allait avoir le pouvoir de nommer les juges à la Cour suprême.

Dans ce cas, dit-il, il n'y aurait rien à faire. Et il ajoute: «À moins que les partisans du deuxième amendement...», laissant son public deviner la conclusion de cette énième bourde que lui et son équipe ont voulu étouffer en disant qu'il s'agissait d'une pointe d'humour.

En clair, il laissait entendre que les partisans du deuxième amendement pourraient se servir de leurs armes pour stopper Hillary Clinton. La nouvelle a fait le tour des médias, que Trump accuse d'exagération.

La déclaration de Trump sur le deuxième amendement n'est pas une déclaration maladroite ou une blague de mauvais goût. Elle est bel et bien un appel à la violence. Bien sûr on ne verra pas une armée de partisans du deuxième amendement prendre les armes et se mettre à pourchasser Hillary Clinton. Mais il ne suffirait qu'un seul décide de le faire...

Il se trouve encore, aux États-Unis, des millions de personnes qui sont toujours partisanes de Trump. Les plus récents sondages laissent croire que la plupart des États clés - dont le coeur bascule entre démocrates et républicains d'une élection à l'autre - pencheront du côté démocrate, procurant à Hillary Clinton le nombre de votes électoraux suffisants pour remporter la présidence en novembre.

Mais les partisans de Trump qui voient en lui un candidat sortant des sentiers battus, qui parle «au peuple», doivent se raviser. Ces partisans qui préfèrent rigoler des dérapages moraux, intellectuels et verbaux de Trump s'apprêtent à voter pour un dangereux menteur.

Ce n'est certainement pas pour rien que les médias se font de plus en plus critiques envers Trump. Sa présence dans les primaires était jugée divertissante par certains. Maintenant, on prend la mesure des propos de l'homme.

Depuis quelques mois, par exemple, le Huffington Post ajoute une note de l'éditeur à chaque nouvelle concernant Trump: «Donald Trump est un menteur en série, un xénophobe déchaîné, un raciste [...] ainsi qu'un intimidateur qui s'est engagé plusieurs fois à interdire tous les musulmans d'entrer aux États-Unis.». Du jamais vu en couverture médiatique de la politique américaine.

Au cours des derniers mois, les médias ne savaient plus comment qualifier la popularité montante de Trump et son inévitable désignation comme candidat républicain.

On a parlé du «phénomène Trump», de l'«énigme Trump», de l'éléphant dans une boutique de porcelaine, du chien dans un jeu de quilles, de persona non grata aux yeux de plusieurs républicains, de loose cannon, de «guignol à l'ego surdimensionné»...

Les qualificatifs et les métaphores commençaient à manquer. Alors appelons un chat un chat. Donald Trump est mentalement dérangé.

Est-il acceptable qu'un candidat à la présidence se moque publiquement du handicap d'un journaliste? Qu'il s'en prenne aux parents d'un soldat américain de confession musulmane mort en service alors qu'il était déployé en Irak? Qu'il traite de violeurs les immigrants mexicains? Qu'il se moque du physique de l'épouse de son ex-rival à l'investiture, Ted Cruz? Qu'il alimente le cynisme en tenant des propos mensongers ou diffamatoires? Qu'il incite à la violence? Bien sûr que non.

Ce qui est inquiétant, c'est que des dizaines de millions d'électeurs croient que oui.

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