Des critiques qui ne collent pas

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Est-ce que l'acharnement des organismes voués à la protection ou à la défense des droits des animaux envers le Festival du cochon de Sainte-Perpétue s'est déjà essoufflé?

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Est-ce que l'acharnement des organismes voués à la protection ou à la défense des droits des animaux envers le Festival du cochon de Sainte-Perpétue s'est déjà essoufflé?

Si c'est le cas, tant mieux. Parce qu'avec les années, on avait l'impression que leurs dénonciations et leurs allégations de cruauté envers les cochons et les sangliers utilisés à des fins de divertissement ressemblent de plus en plus à des coups d'épée dans l'eau.

La controverse est née il y a quelques années, avec un Georges Laraque alors en manque de visibilité, qui s'était élevé en défenseur des droits des cochons maltraités.

Non seulement son appel au boycott du Festival du cochon a été vain, mais son intervention a donné beaucoup de visibilité inattendue au festival.

Puis l'organisme People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) a aussi ajouté son grain de sel, en même temps que la SPCA de Montréal. Cette année, la dénonciation de la SPCA de Montréal a pris la forme d'un bref communiqué sur sa page Facebook.

Et l'intervention a eu beaucoup moins d'échos que par les années passées, au grand soulagement des organisateurs du Festival du cochon.

On peut être d'accord ou non avec les doléances des opposants à la course au cochon graissé, mais il faut surtout se demander si c'est le meilleur combat pour dénoncer les situations de maltraitance ou de cruauté envers les animaux.

Il y a eu d'injustes exagérations dans les portraits peu flatteurs qu'on a faits de cet événement. Est-ce qu'il se peut que la course au cochon graissé cause du stress à la bête confrontée à un humain dans une mare de boue? Peut-être que oui. Est-ce que l'animal est en danger ou affamé? Pas du tout.

Est-ce qu'il y a blessures ou mise à mort de l'animal? Pas à ce qu'on sache. Les organisateurs du Festival et de sa course au cochon graissé ont toujours démontré qu'ils prenaient les moyens nécessaires pour s'assurer que les animaux vedettes de l'événement ne soient pas maltraités. Des règles strictes sont imposées aux participants pour éviter de blesser l'animal.

Est-ce que les gouvernements et d'importantes organisations accepteraient de s'associer à un événement qui est réputé pour maltraiter les animaux? Jamais.

À la rigueur, on pourrait dire que la présentation d'une course au cochon graissé est un événement touristique de mauvais goût. Ou qui a mal vieilli. Mais doit-on pour autant réclamer l'abolition pure et simple de cet événement? Absolument pas.

Que les organismes voués au bien-être animal se servent de Sainte-Perpétue pour sensibiliser la population, ça pourrait être une idée légitime. Mais en n'exagérant pas les faits, en ne faisant pas de raccourcis d'argumentaire et en ne jouant pas les épouvantails.

De tous temps, les animaux ont été associés à des formes de divertissement. Un cheval qui fait du saut d'obstacles aux Jeux olympiques ou qui prend part à un spectacle équestre sous chapiteau subit-il moins de stress que le cochon lâché dans l'arène de boue? On peut en douter.

Il y a tant d'autres situations à dénoncer pour améliorer les conditions de vie des animaux, quels qu'ils soient. Des cas d'abandon en période de déménagements, de violence envers des chiens ou des chats par leur propriétaire, des «usines à chiens» insalubres, des animaux laissés en attente dans des véhicules à 35 degrés au gros soleil, des bêtes de ferme non adéquatement soignées... La liste est longue.

Mais s'en prendre de façon récurrente à un événement basé sur une tradition et sur un certain respect envers l'animal emblématique est quelque peu malhonnête. Dénoncer est une chose. S'acharner en est une autre.

Et il faut se rendre à l'évidence: la controverse entourant les dénonciations par des organismes divers a entraîné une curiosité accrue envers l'événement et, en bout de ligne, des hausses d'achalandage.

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