La folie Pokémon Go...

Le jeux Pokémon GO.... (Stéphane Lessard)

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Le jeux Pokémon GO.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) N.D.L.R.: Dans le cadre du stage d'été en journalisme, la direction du Nouvelliste permet cette année aux stagiaires d'expérimenter l'écriture d'un éditorial. Les quatre stagiaires ont été invités à écrire un texte d'opinion, sur un sujet de leur choix. Nous vous présentons aujourd'hui le texte de Louis-Philippe Carbonneau.

Depuis sa sortie le 17 juillet dernier, l'application en réalité augmentée Pokémon Go a déclenché une véritable folie aux quatre coins du globe. Malgré les millions d'adeptes que le jeu a su attirer, bien des gens croient qu'il ne fait que démontrer une fois de plus que notre monde se ferme de plus en plus sur lui-même.

L'entreprise multinationale japonaise Nintendo savait ce qu'elle faisait lorsqu'elle a eu l'idée de lancer ce projet, et ce n'est pas pour rien que l'application est sur toutes les lèvres depuis sa sortie. Pokémon a émerveillé le quotidien des jeunes des années 90, autant avec ses émissions que ses jeux sur la console portable Game Boy et Nintendo 64.

Toutefois, c'était en 1996. À la grande déception de plusieurs, bien des fanatiques de Pokémon, peu importe l'âge, n'ont pas su faire la distinction entre ce qu'ils avaient l'habitude de regarder au petit écran à l'école primaire et cette application qui entraîne énormément de négatif dans notre société.

Depuis environ une dizaine d'années, nous vivons au rythme du web 2.0 et des appareils mobiles à la fine pointe de la technologie. Les gens ne peuvent plus se passer de leur cellulaire et les tablettes numériques occupent de plus en plus le temps libre. La fureur Pokémon Go ne fait qu'empirer le phénomène. Des dizaines et des dizaines de personnes déambulent dans les parcs tels de véritables zombies dans le but d'attraper des créatures virtuelles. Jamais avons-nous vu autant de couples aller «prendre une marche» depuis près d'un mois.

Il est invraisemblable de parcourir 20 kilomètres en voiture et de garder un oeil attentif sur son cellulaire afin de mettre le grappin sur des Pokémon. Même si la mobilisation par la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) pour éliminer les textos au volant est présente plus que jamais, certains conducteurs ignorent ces efforts. Ce fut d'ailleurs le cas récemment à Québec lorsqu'un individu est entré en collision avec une autopatrouille alors qu'il se prenait pour un dresseur au volant.

Ce jeu a engendré un si gros déséquilibre que les adeptes se rendent maintenant dans les lieux religieux pour faire le plein de «Pokéball». Les jeunes parcourent même les cimetières pour chasser, ce qui est un manque de respect envers les familles des personnes décédées. Des amateurs sont même allés jusqu'à pénétrer dans un poste de police en Australie, un lieu habituellement peu attirant, pour capturer un Pokémon rare. Dans cette histoire, il reste les enfants qu'il ne faut pas négliger. Selon certains sexologues cliniciens experts en délinquance sexuelle, ce jeu peut même devenir un nouveau leurre pour les prédateurs sexuels.

Fort heureusement, certains groupes ont pris des mesures afin de venir gêner l'élan des nombreux disciples de l'application. Le réseau de santé de la région s'est mobilisé pour contrer le phénomène, alors que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ) a interdit la chasse aux Pokémon à l'intérieur de ses bâtiments. À l'échelle mondiale, le comité olympique a décidé d'empêcher les athlètes et les bénévoles de s'adonner à ce jeu qui occupe le quotidien de plusieurs.

Malgré tout, plusieurs personnes qui ont embarqué dans cette frénésie qu'est Pokémon se sont bien vite ennuyés. D'autres ne peuvent plus s'en passer et participent à des réunions de groupe pour s'améliorer. Il sera donc intéressant de voir si cette folie s'estompera au fil du temps.

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