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La 16e édition du Widewood aura lieu du 4 au 7 août prochain, à Shawinigan.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La saison des festivals bat son plein et fournit aux résidents de la région aussi bien qu'aux visiteurs de partout de nombreuses occasions de rassemblement et de réjouissances.

Un peu partout, en Mauricie comme au Centre-du-Québec, des communautés organisent des spectacles, et des activités en élaborant des programmations étoffées sur des thèmes souvent originaux et toujours très variés. Mais quand on regarde le nom de certains de ces festivals, on se demande si on n'est pas chez nos voisins du sud ou quelque part en Ontario. Et c'est dommage.

Récemment se tenait à Bécancour le tout premier SouthSide Musique Festival. Et bientôt se tiendra à Shawinigan la seizième édition du festival Widewood. Visiblement, les festivals et événements ne sont pas assujettis, contrairement aux entreprises, aux lois qui encadrent l'affichage commercial au Québec...

Qu'on se comprenne bien: ces festivals sont de beaux exemples de la vitalité artistique de la région. Ils sont le fruit du travail de personnes bénévoles, de passionnés de musique. Ils visent à donner une occasion différente de se rassembler.

Le SouthSide Musique Festival ne durait cette année qu'une journée. Il se tenait au quai du secteur Sainte-Angèle, à Bécancour, et mettait l'accent sur le rock québécois.

Le festival Widewood, aussi appelé Festival de la solidarité musicale, est certainement un des plus originaux de la région. Il a pour objectif de favoriser le réseautage entre les différentes sphères musicales québécoises et permet à de nombreux artistes ou groupes émergents de se faire connaître. L'événement, né dans un fond de cour et déménagé depuis peu dans le secteur Saint-Georges, est bonifié par la présence d'artisans et marqué par des rituels cocasses.

Rien à dire, donc, sur la raison d'être de ces événements, sur leur pertinence et sur leur organisation.

Mais leur nom a de quoi faire grincer des dents les puristes de la langue française. On pourrait comprendre qu'un événement majeur, ayant des visées internationales, de décliner son nom dans les deux langues. Mais que des événements locaux se donnent une appellation anglophone sans raison, dans un milieu essentiellement francophone, ça soulève des questions.

Le cas du SouthSide Musique Festival est particulièrement pénible. Le nom est à cheval sur l'anglais et le français. On ne comprend pas ce que vient faire le mot «musique» en français, glissé entre un nom géographique exprimé en anglais et le mot «festival», mis en fin d'appellation comme en anglais. À la rigueur, on aurait pu dire «le Festival de musique SouthSide», si on voulait absolument faire une maladroite référence à la rive sud.

Mais on a beau chercher ce qui a pu animer les organisateurs de ces événements pour leur donner un nom anglais, on ne trouve pas. Est-ce la volonté de faire «tendance»? D'attirer les jeunes? D'attirer une clientèle anglophone? Sur ce dernier point, les événements ayant une dénomination en français réussissent pourtant très bien et n'ont pas besoin de travestir leur appellation pour attirer artistes et spectateurs anglophones.

Un ex-leader politique ne s'est pas gêné pour crier «En français!» pendant le boniment - pourtant en français - de la chanteuse du groupe Groenland - un groupe québécois qui chante en anglais -, sur scène à Rouyn-Noranda. 

Ce même ex-leader aurait sans doute fait une crise d'apoplexie en voyant le nom de deux de nos festivals.

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