L'écran de fumée

Melania Trump a fait le discours controversé le... (AFP, Robyn Beck)

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Melania Trump a fait le discours controversé le 18 juillet.

AFP, Robyn Beck

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Heureusement qu'il y a la convention républicaine pour nous divertir ces jours-ci. L'affaire du plagiat entourant le discours de l'épouse de Donald Trump fait couler beaucoup d'encre. Suffisamment, peut-être, pour occulter tant d'autres aspects tout aussi peu glorieux de cette convention républicaine. À commencer par le contenu de la plate-forme du parti. Et si cet épisode de discours plagié avait été soigneusement planifié?

Depuis lundi soir, le discours prononcé par Melania Trump dans le cadre de la convention républicaine de Cleveland demeure ce dont on parle le plus dans l'actualité politique américaine. Rappelons les faits. Dans les minutes qui ont suivi ce discours, des médias ont remarqué d'étonnantes similitudes entre les paroles de madame Trump et celles prononcées en 2008 par Michelle Obama à la convention démocrate. Certains passages sont identiques. Les mots sont les mêmes, leur ordre est le même.

Il y a donc eu plagiat.

Mais les ténors du parti républicain ont rapidement nié qu'il puisse y avoir eu plagiat. Le gouverneur du New Jersey Chris Christie a rapidement indiqué qu'il y avait quand même 93 % du discours qui était différent, ce qui était, disons-le, quelque peu ridicule comme argument. D'autres influents républicains ont indiqué qu'il serait absurde qu'il y ait eu une reprise volontaire de propos tenus par celle qui est devenue première dame par la suite.

Mercredi, coup de théâtre. Une rédactrice du clan Trump admet sa faute et indique, par voie de communiqué, qu'elle avait offert sa démission à Donald Trump, qui l'a refusée. L'explication de la bévue est un peu emberlificotée, les excuses semblent sincères.

Les aveux de ce qui était pourtant une évidence ont tardé à venir. Visiblement, dans le clan républicain, on surfe sur une nouvelle embarrassante qui a pris des proportions démesurées. Lundi soir, le coup est joué. Mardi, on s'applique à nier. Mercredi, on admet.

Trois jours de présence dans l'actualité pour les mots repiqués à Michelle Obama.

Deux fois le candidat républicain a fièrement tweeté sur le sujet. Une première fois pour faire remarquer que le discours de son épouse avait reçu plus d'attention que n'importe quel autre discours d'épouse de candidat par le passé, et une deuxième pour indiquer que les médias passaient plus de temps à disséquer le fameux discours que le FBI a pu en passer pour scruter les courriels de Hillary Clinton.

Et pendant ce temps, tout autre sujet discuté à la convention passe deuxième dans les médias. Ou ne passe pas du tout.

Faut-il rappeler que les délégués du Grand Old Party travaillent sur le programme électoral. Et qu'en plusieurs points, celui-ci est odieux.

Dans le programme républicain, le charbon est présenté comme une énergie propre. Et on nie l'importance du réchauffement climatique pour justifier un assouplissement des règles concernant l'industrie.

Les républicains prônent aussi l'abolition de l'amendement «Johnson», qui interdit les exemptions de taxes aux églises. On veut aussi rétablir l'enseignement de la Bible dans les écoles publiques et favoriser l'affichage public des dix commandements.

Ils souhaitent aussi amender la constitution pour rendre l'avortement illégal. 

Le programme républicain n'accepte pas la redéfinition du mariage entre conjoints de même sexe telle que formulée par la Cour suprême dans l'arrêt Obergefell. Et le même programme veut accorder aux parents la possibilité de forcer leurs enfants LGBT à suivre une thérapie de conversion sexuelle pour les rendre «normaux».

Plus grande latitude pour le port des armes à feu, augmentation des dépenses militaires, construction d'un mur entre les États-Unis et le Mexique, rejet de la compétence de la Cour pénale internationale... La liste des horreurs républicaines est longue. Et inquiétante.

Pourtant, ce sont les propos de Michelle Obama repris par la slovène épouse du milliardaire qui retiennent l'attention.

Il y a des stratèges républicains qui doivent savourer ces moments.

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