Le discours le plus sensé

Jacques Veronneau... (Sylvain Mayer)

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Jacques Veronneau

Sylvain Mayer

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les propos du dentiste Jacques Véronneau concernant la fluoration sont probablement ce qu'on aura lu ou entendu de plus sensé depuis le début de cette interminable saga.

Enfin un spécialiste qui se dit conscient de l'enjeu de l'acceptabilité sociale et qui propose des solutions de rechange à l'ajout de fluorure à grande échelle dans un réseau de distribution d'eau potable. Le Dr Véronneau, qui pratique notamment à Saint-Alexis-des-Monts et à Sainte-Thècle, estime qu'il faut trouver des approches différentes pour offrir un apport de fluor à la population. Mieux encore, il croit qu'il est préférable de cibler des clientèles et des milieux spécifiques.

Cette vision détonne de l'espèce de leitmotiv que nous rabâchent les spécialistes de la santé, incluant la Direction de la santé publique et l'Ordre des dentistes. On ne sait pas trop pourquoi ils s'agrippent à la fluoration systématique de l'eau potable, alors que cette façon de faire a été délaissée dans bon nombre de villes en Amérique du Nord.

Peut-être parce que c'est la solution la plus facile et la moins coûteuse.

Mais c'est une solution qui ne tient pas compte du désormais essentiel critère de l'acceptabilité sociale. Une mesure à grande échelle, qui constitue ni plus ni moins que l'administration forcée d'une substance chimique à l'ensemble de la population.

Déjà, une dentiste de la région, Dre Jennifer Yarmolchuk, s'était aussi prononcée contre la fluoration à grande échelle, allant à l'encontre de la position traditionnelle de son ordre professionnel. Cette fois, c'est un autre dentiste, spécialiste en cariologie, qui a participé à des études et à des projets de recherche à travers le monde. Il a aussi été consultant pour l'Organisation mondiale de la santé

Il y a quatre ans, le Dr Véronneau avait pris part à un projet visant à étudier la faisabilité de la fluoration du lait et des produits laitiers au Canada pour permettre à la population de choisir d'acheter ou non des produits ayant un apport en fluor. C'était assurément un pas dans la bonne direction. Et il y avait des exemples de réussite de telles mesures ailleurs dans le monde.

Mais la démarche a avorté en raison, selon le dentiste et chercheur, de la résistance gouvernementale.

Que doit-on penser de cette réticence du gouvernement? Il y a fort à parier que la même indisposition prévaut encore aujourd'hui. Et ça, c'est inquiétant. Parce que c'est à ce même gouvernement provincial que le conseil municipal trifluvien vient de renvoyer la balle dans le dossier de la fluoration.

Lors de l'assemblée publique du 4 juillet dernier, le conseil a adopté une résolution par laquelle il maintient sa décision de reprendre la fluoration de l'eau potable mais par laquelle il invite aussi la Santé publique à prendre les moyens nécessaires pour consulter les Trifluviens et démontrer que la condition de l'acceptabilité sociale a été rencontrée pour la fluoration.

Ça reste un voeu pieux. On ne connaît pas de mécanismes de consultation populaire orchestrés par les autorités sanitaires.

On ne s'étonne d'ailleurs pas trop de constater qu'on n'a eu aucun son de cloche tant du côté de la Santé publique que du ministère ou des élus provinciaux. On ne s'étonne pas, mais on peut trouver ça cheap.

Comment alors peut-on espérer que quelqu'un, au gouvernement, tienne compte des propos très sensés de Jacques Véronneau et de la nécessité d'actualiser l'ensemble du discours entourant la fluoration? Ou qu'il tienne compte, surtout, du fait que près de 18 000 personnes à Trois-Rivières ont signé une pétition contre la fluoration?

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