Cleveland et la colère

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Une manifestation en marge de la convention républicaine de Cleveland.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Le grand cirque de la politique américaine envahit ces jours-ci la ville de Cleveland, en Ohio, à l'occasion de la convention nationale du Parti républicain. L'événement sous haute surveillance, se déroule dans une atmosphère teintée d'amertume, de résignation, d'espoir et de colère.

On en a eu un bel aperçu lundi, dès l'ouverture. Des délégués anti-Trump ont tenté, en vain, de forcer la tenue d'un vote pour que soient modifiées les règles entourant la nomination du candidat républicain. L'épisode a donné lieu à une manifestation bruyante, ponctuée de huées. On est à des lieues de ce à quoi les grands partis nous ont habitués dans leurs «conventions-spectacles» qui précèdent les élections présidentielles.

La tension des républicains s'est aussi manifestée dans les rues de Cleveland, ou du moins dans ce qui en reste. Une zone de plus ou moins cinq kilomètres carrés autour du Quicken Loans Arena a été complètement bouclée et sécurisée. Là aussi des manifestants anti-Trump avaient organisé une manifestation, moins courue mais surtout moins alléchante que ce qui se passait sur le plancher même de la convention.

Le Parti républicain - en tout cas celui que l'on observe depuis le début des primaires - semble désormais habitué à l'expression de la colère. À commencer par celle de son candidat présumé. Pour Donald Trump, la colère est une stratégie électorale. Il estime que le fait d'alimenter la haine, notamment envers les immigrants, les terroristes, les réfugiés et aussi envers Hillary Clinton, est une tactique qui lui fait gagner des votes, qui réconforte l'électorat conservateur. Le candidat capitalise aussi sur l'insécurité de la classe moyenne ou de la classe ouvrière.

Mais cette convention républicaine, qui devrait normalement servir à galvaniser les troupes, attire davantage l'attention comme étant une erreur de parcours dans l'histoire du parti.

Il est d'ailleurs inhabituel qu'on parle davantage des absents, parmi lesquels se trouvent plusieurs figures de proue des républicains. Les deux ex-présidents Bush ne mettront pas les pieds à Cleveland, pas plus que certains candidats qui ont quitté la course, comme John Kasich - qui est aussi gouverneur de l'Ohio, là où se tient la convention - Marco Rubio ou Jeb Bush. Les anciens candidats à la présidence qui ont mordu la poussière en 2008 et en 2012, John McCain et Mitt Romney, brilleront aussi par leur absence.

Faute d'avoir une brochette d'orateurs de qualité qui s'exprimeraient sur les enjeux ou la stratégie électorale, on verra plutôt défiler le clan Trump presque au grand complet. Après son épouse Melania lundi soir, on devrait entendre quatre des cinq enfants de Donald Trump - Eric, Donald Jr, Ivanka et Tiffany - d'ici la fin de la convention républicaine.

Ajoutons à cela la controverse entourant le choix du gouverneur de l'Indiana, Mike Pence, comme colistier de Trump sur le ticket présidentiel. Des médias ont affirmé que Trump, inconfortable avec le choix de ce politicien ultra-conservateur comme colistier, aurait tenté jusque tard jeudi soir, de s'en débarrasser.

Rien ne semble donc aller rondement pour les républicains. En plus d'être ponctuée d'interventions hostiles, la convention se déroule sur fond de division. Selon certains observateurs, le parti serait sur le point d'imploser.

Il n'en reste pas moins que le parti, ses membres, ses délégués, ses sympathisants, sont tous animés par la même volonté: celle d'empêcher Hillary Clinton d'accéder à la présidence.

Pour plusieurs fidèles républicains, le mot d'ordre est de prendre une grande respiration et se boucher le nez pour passer à travers les prochains mois. Ou pour apposer un x dans la case de Donald Trump en novembre prochain.

Chose certaine, cette course éprouvante et inhabituelle pour l'investiture républicaine laissera des marques profondes sur le parti lui-même.

De quoi déjà réjouir Hillary Clinton et les démocrates au grand complet.

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