Il n'y a pas lieu de paniquer

Les nouveaux lampadaires à éclairage DEL blanches ont... (Stéphane Lessard)

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Les nouveaux lampadaires à éclairage DEL blanches ont fait leur apparition depuis un an un peu partout à Trois-Rivières. L'AMA soutient aujourd'hui que cet éclairage peut être nocif pour la santé.

Stéphane Lessard

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Décidément, le ministère de la Santé et des Services sociaux et la Direction de la Santé publique auront du pain sur la planche au cours des prochains mois s'ils acquiescent aux demandes provenant des villes, particulièrement de celle de Trois-Rivières. Après une «invitation» à consulter la population sur la fluoration, lancée au ministère de la Santé, voilà que la Ville s'en remet à la Santé publique pour un avis sur les effets de la lumière bleuâtre des ampoules à DEL, installées dans les nouveaux lampadaires.

La Ville a pris une sage décision en interrompant le remplacement des ampoules incandescentes de ses lampadaires. On entend toutes sortes d'histoires sur les effets de la lumière blanche et vive, tirant parfois sur le bleu, que projettent les nouveaux appareils d'éclairage.

À Trois-Rivières, une résidente de la rue des Fuchsias avait déjà fait part de ses inquiétudes quant aux effets de cette lumière sur les cycles biologiques. C'est ce qui préoccupe justement des villes comme Montréal et Québec, qui ont aussi mis le pied sur le frein concernant la conversion des lampadaires, encouragée par Hydro-Québec.

S'il est important de vérifier les effets réels de ce type d'éclairage plus intense, il importe aussi de se questionner sur les habitudes de certains qui se plaignent que leur maison est soudainement inondée de lumière bleutée en pleine nuit. Ne conviendrait-il pas de leur suggérer d'avoir des stores et des rideaux adéquats et de les fermer la nuit?

Il importe aussi de mesurer l'importance d'avoir un éclairage de rue efficace, surtout lorsque l'obscurité dure treize ou quatorze heures comme en hiver. Il est établi que la technologie d'éclairage à DEL offre une lumière plus nette, plus définie. Mais il importe maintenant de bien connaître l'impact réel de ce type d'éclairage sur la santé, histoire d'éviter des inquiétudes abusives ou des crises d'hypocondrie attribuables à certaines informations non fondées ou mal interprétées.

En matière de santé physique et mentale, les sujets sensibles nécessitant des informations claires ont été nombreux au cours des dernières années: compteurs intelligents, fluoration de l'eau potable, vaccination, boissons énergétiques... Et voilà que l'éclairage à DEL s'ajoute à la liste.

Peut-être serait-il intéressant de se tourner, comme Shawinigan a décidé de le faire, vers un système «intelligent» qui permettra de contrôler à distance chacun de ses 6141 lampadaires de son futur système d'éclairage à DEL. Ce système permettra d'ajuster individuellement l'intensité de chaque lampadaire au besoin.

Parce que s'il s'avère que l'éclairage à DEL utilisé à grande échelle pour l'éclairage de rue peut avoir des impacts sur la santé, il faudra bien trouver une solution mitoyenne. En ce sens, la solution adoptée par Shawinigan semble être la plus appropriée. Ou alors il faudra penser à modifier la couleur des ampoules à DEL pour leur enlever de ce bleu problématique.

Déjà, certaines études démontrent que trop de lumière bleue le soir peut entraîner des troubles du sommeil et de la vigilance, de l'obésité, du diabète, des maladies cardiovasculaires ou des maladies mentales comme la dépression. Certains avancent que cette lumière peut dérégler le rythme circadien, qui coordonne les fonctions biologiques sur un cycle de 24 heures, causant ensuite un grand nombre de problèmes de santé.

À Montréal, le Directeur de la Santé publique a émis un avis préliminaire à la Ville, indiquant qu'il jugeait le degré d'exposition des citoyens à la lumière bleue provenant de l'éclairage de rue «faible» par rapport aux autres sources environnantes.

S'il est approprié de prendre les précautions nécessaires, il faut surtout éviter de paniquer.

Et il faudrait peut-être, par-dessus tout, commencer par éliminer d'autres sources - beaucoup plus directes - de lumière bleue en soirée... Comme en réduisant la consultation des tablettes ou des téléphones intelligents, en soirée, dans l'obscurité. Au lit, notamment.

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