Ceci n'est pas un édito sur P.K.

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Le président des États-Unis, Barack Obama, lors de son discours à la Chambre des communes.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Vous ne vous attendiez tout de même pas sérieusement à ce que je parle de P.K. Subban dans un éditorial? Les raisons pour lesquelles je ne le ferai pas sont nombreuses.

C'est fou à quel point une nouvelle de hockey, même en plein été, a le pouvoir de provoquer une éclipse médiatique. Si quelqu'un devait avoir une mauvaise nouvelle à annoncer, c'est hier ou aujourd'hui [mercredi et jeudi] qu'il ou elle devait le faire. La mauvaise nouvelle, quelle qu'elle soit, passe assurément deuxième parce qu'un tremblement de terre secoue la planète hockey. Et le séisme est ressenti jusque chez les non-amateurs qui apprécient quand même la fougue du défenseur, et aussi chez les matantes qui ne suivent pas le hockey mais qui s'émeuvent encore de sa générosité envers la Fondation de l'Hôpital de Montréal pour enfants. Faut-il rappeler que le gars gagnait 9 millions $ par année à Montréal...

Je ne parlerai pas de Subban parce que j'aime le hockey mais je ne suis surtout pas un connaisseur. Je laisserai les analyses aux experts. Et à tous les gérants d'estrade qui nous claironnent leur opinion depuis que la nouvelle est sortie, particulièrement sur les réseaux sociaux.

Je ne parlerai pas de Subban parce que vous êtes probablement déjà submergés de nouvelles à ce sujet et qu'en rajouter ne serait pas utile.

Je ne parlerai pas de Subban parce que je considère que c'est une nouvelle somme toute banale. Mais parce que nous avons un attachement viscéral à notre sport national, toute nouvelle qui vient bousculer les habitudes aura inévitablement un retentissement aussi spectaculaire qu'absurde. 

Je ne parlerai pas de Subban parce qu'il y a des choses plus importantes qui se passent autour de nous, au pays ou partout dans le monde. Et parce que ces sujets seront malheureusement relégués derrière la nouvelle de l'échange de Subban.

Je ne parlerai pas de Subban par respect pour la quarantaine de victimes des attentats survenus mardi à l'aéroport Atatürk d'Istanbul. Je considère anormal que cet attentat ne reçoive pas le même traitement médiatique que les attentats survenus à Paris ou à Bruxelles, notamment. Je considère aussi anormal que ce tragique événement se retrouve soudainement relégué au rang de fait divers, simplement parce que le chouchou des partisans du Canadien s'en va à Nashville.

Je ne parlerai pas de Subban parce que la journée devrait normalement être consacrée à analyser les impacts du sommet des leaders nord-américains et du discours exceptionnel de Barack Obama devant les parlementaires fédéraux. C'est un événement rare, qui survient une fois tous les vingt ou trente ans. Et c'est le testament politique du président américain, du moins dans son aspect traitant des relations entre le Canada et les États-Unis. 

Je ne parlerai pas de Subban parce que l'histoire d'Homa Hoodfar me semble beaucoup plus préoccupante. Mais qui connaît Homa Hoodfar? Qui se soucie de son sort, à part sa famille, quelques fonctionnaires aux Affaires étrangères et quelques organisations non gouvernementales? Homa Hoodfar est une professeure irano-canadienne de l'Université Concordia qui croupit depuis bientôt un mois dans une prison de Téhéran sans pouvoir avoir accès aux services d'un avocat. Les raisons de sa détention sont nébuleuses: on ne sait pas de quoi elle est accusée mais le gouvernement iranien la soupçonne d'être une militante féministe et d'être une menace à la sécurité du pays.

Au fond, je devrais peut-être remercier P.K. Subban. Pas tant pour le fait d'avoir toujours donné de bons spectacles avec le Canadien ou pour le fait d'avoir été un joueur-philanthrope et un outil de marketing exceptionnel, mais plutôt pour l'opportunité inattendue qu'il m'a donnée de parler d'Homa Hoodfar dans un éditorial du Nouvelliste.

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