Les lettres du compromis

L'installation des lettres géantes adossées au talus gazonné... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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L'installation des lettres géantes adossées au talus gazonné de l'Amphithéâtre Cogeco va bon train.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'installation des lettres géantes adossées au talus gazonné de l'Amphithéâtre Cogeco va bon train.

Ça donne un coup d'oeil intéressant et ça vient compléter la portion arrière des installations, la plus ingrate quand on est sur l'esplanade entre le fleuve et le talus gazonné de l'amphithéâtre.

Il suffit d'aller voir les différentes modélisations visuelles que nous avons eues au cours des quatre années qui ont précédé l'inauguration de l'Amphithéâtre Cogeco pour voir à quel point le concept de ces lettres architecturales a évolué.

D'une part, il faut saluer la Ville de Trois-Rivières et les dirigeants de l'Amphithéâtre, qui ont opté pour l'inscription «Trois-Rivières» plutôt que pour la proposition initiale de l'architecte Paul Laurendeau, un obscur «3RVSSL» qui évoquait maladroitement «Trois-Rivières sur Saint-Laurent».

On peut aussi dire qu'on l'a échappé belle quand on a entendu circuler la rumeur selon laquelle les lettres pourraient être vendues au commanditaire le plus offrant et qu'elles auraient pu épeler le nom de cette généreuse compagnie en vingt pieds de hauteur.

Si elles sont assurément imposantes, les lettres conçues en Autriche se retrouvent aujourd'hui adossées directement au mur de béton soutenant le talus gazonné, ce qui leur fait perdre une partie de leur aspect monumental.

Ça, ce n'était pas prévu initialement. On montrait des grosses lettres basées au sol et rejoignant la petite toiture correspondant à l'extrémité de l'esplanade gazonnée. On créait ainsi une sorte de couloir et il était prévu que les gens puissent se promener entre les lettres et sortir par exemple la tête du trou du «O» le temps d'une photo cocasse.

En fait, on vient d'apposer une grosse enseigne contre un mur plutôt que de créer un jeu sculptural ou architectural avec des lettres.

Qu'on s'entende: ce n'est pas laid, loin de là. Mais ce n'est pas le geste artistique envisagé ou la signature visuelle initialement prévue.

Ce n'est pas le premier compromis qu'on fait dans l'aménagement extérieur de l'amphithéâtre. Une partie de l'esplanade piétonne qui ceinture la construction a été bétonnée plutôt qu'aménagée en pavé uni.

C'est quand même curieux qu'on ait mis le paquet sur la promenade des Commissaires, par exemple, ou aux abords du musée Boréalis, et qu'on se retrouve, dans la périphérie de l'amphithéâtre, avec un vulgaire béton.

Et comme une mauvaise idée en entraîne une autre, quelqu'un a mystérieusement décidé d'y aller d'une inutile fantaisie en sculptant au jet de sable des «V» dissymétriques un peu partout au sol. Il y aura certainement des dames en talons hauts qui grimaceront à quelques reprises...

Quelqu'un a trouvé que cela ferait joli. Qu'il y a dans cet élan un petit quelque chose d'artistique qui nous ferait presque oublier que c'est du ciment. Mais ce n'est pas le cas.

On ne voit que ce recouvrement bon marché et on se demande à quel moment apparaîtront les premières fissures.

C'est dommage de vouloir couper dans certains aspects de l'aménagement périphérique de l'amphithéâtre parce que les images qu'on nous a toujours présentées étaient spectaculaires.

Et jusqu'à maintenant, l'amphithéâtre lui-même est une réussite sur le plan architectural. Son pourtour se doit d'être à la hauteur.

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