Comme un scénario de film

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Annie Trudel

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les rebondissements n'en finissent plus dans ce qui est maintenant convenu d'appeler la saga du ministère des Transports.

Mercredi, c'est l'intervention spectaculaire de l'analyste externe embauchée à l'époque par Robert Poëti, Annie Trudel, qui est venue créer une nouvelle tempête à l'Assemblée nationale. Et si elles s'avèrent, ses allégations sont graves.

On se croirait presque dans un film tellement le scénario est complexe et tellement il y a des situations rocambolesques et des personnages intrigants.

On pourrait presque en rigoler, mais c'est loin d'être drôle. Surtout pour le gouvernement libéral, qui démontre une fois de plus une incapacité chronique à faire de la gestion de crise efficace. Ou qu'il démontre qu'il doit encore faire de la gestion de crise, ce qui est plutôt inquiétant.

Mme Trudel a envoyé aux parlementaires un courriel dans lequel elle faisait état de son étonnement de voir des différences importantes entre un document qu'elle avait produit pour faire le suivi des correctifs à apporter au sein du MTQ, et une autre version du même document, déposé à la Commission de l'administration publique dans la foulée du témoignage de l'ex-sous-ministre Dominique Savoie. Celle-là même qui a été congédiée au lendemain de son passage devant la Commission...

Annie Trudel estime qu'il y a eu manipulation des informations ou carrément falsification de certains documents. Ce n'est pas rien. C'est elle la «sonneuse d'alarme» auprès de l'UPAC dans le dossier du MTQ.

Il n'en fallait pas plus pour que la Commission de l'administration publique - dont font partie les députés Jean-Denis Girard (Trois-Rivières) et Pierre Giguère (Saint-Maurice) - pour convoquer le grand patron de l'UPAC, Robert Lafrenière, afin d'en savoir davantage.

C'est lui qui refusait de remettre aux parlementaires le contenu de la fameuse clé USB contenant les informations sensibles. Et il devient maintenant impératif pour cette commission de convoquer Annie Trudel elle-même.

Mercredi, à la suite de la divulgation du courriel de cette dernière, les partis d'opposition se sont emballés et ont talonné le gouvernement Couillard. Avec raison. La situation n'est pas à prendre à la légère.

Il y a peut-être eu traficotage des documents pour mieux faire paraître le ministère des Transports ou pour dissimuler certains détails gênants. Un peu comme un enfant à qui on demande de faire le ménage de sa chambre et qui pousse certains jouets sous son lit.

Il se pourrait donc que les documents déposés à la Commission de l'administration publique contiennent de fausses informations. Ce n'est pas prouvé encore, mais la possibilité est là.

Ce qui est pathétique et inquiétant, c'est qu'on ne sait même pas si on pourra aller au fond des choses dans cette affaire. Là où il convient de jouer de prudence, c'est en ce qui a trait à la teneur de ces modifications.

Mais si c'est le cas et qu'il y a eu manipulation des documents et que les modifications sont sur des faits et non seulement sur la forme dans laquelle ils ont été présentés, c'est une situation grave.

Les parlementaires doivent avoir accès à l'information juste, à l'abri de toute tentative d'embellissement ou d'élagage. Le camouflage, sous quelque forme que ce soit, est inacceptable.

L'épisode nous démontre surtout deux autres choses: le gouvernement libéral n'en finit plus de se retrouver dans des controverses dont il peine à se sortir, et le ministère des Transports est un ministère où rien ne semble fonctionner rondement.

Aux deux endroits, le ménage à faire n'a toujours pas été fait, on dirait.

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