Travestir la souveraineté

Les députés de Rousseau, Nicolas Marceau, de Sanguinet,... (Photomontage Lapresse.ca, photos PC)

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Les députés de Rousseau, Nicolas Marceau, de Sanguinet, Alain Therrien, et de Chicoutimi, Mireille Jean, vont tenter de faire la promotion de leur proposition auprès des quatre candidats à la direction de leur parti.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Voilà une étrange proposition que celle de trois députés péquistes encore non alignés dans la présente course à la chefferie et de deux militants souverainistes bien connus.

Une sorte de subterfuge pour aller chercher les votes nationalistes qui sont allés du côté de la Coalition avenir Québec. Ou une version bon marché et factice du «beau risque».

Dans une volonté de sortir du statu quo constitutionnel, le quintette dont la figure la plus connue est certainement l'ex-ministre des Finances Nicolas Marceau, a proposé d'amener les indépendantistes et les nationalistes à se regrouper derrière le Parti québécois.

Celui-ci, s'il est élu, s'engagerait à tenir une consultation et à proposer aux Québécois un choix entre l'indépendance ou une nouvelle offre constitutionnelle du Canada.

La sortie des députés Nicolas Marceau, Mireille Jean et Alain Therrien, appuyés par une ex-candidate bloquiste et un ex-membre de l'exécutif d'une association locale du PQ, vise évidemment à forcer le fédéral à se commettre envers le Québec.

Mais espérer une forme quelconque de renouvellement du fédéralisme est pratiquement utopique à court ou moyen terme. On semble oublier que Québec n'est pas le seul joueur dans un tel processus. Le fédéral et les provinces y ont aussi un premier rôle.

Les tentatives de renouvellement du fédéralisme canadien ont toutes été vouées à l'échec, si bien que le gouvernement de Justin Trudeau n'ira pas rouvrir ce panier de crabes.

Sur le plan constitutionnel, les libéraux fédéraux sont, ironiquement, plus discrets que leurs prédécesseurs conservateurs, alors que Stephen Harper avait un peu fermé le clapet à tout le monde en reconnaissant la nation québécoise, reconnaissance assez vide s'il en fut une.

Le pari que font les porteurs de la proposition, c'est qu'en s'engageant à donner une - autre - dernière chance au Canada, le Parti québécois pourra récupérer des votes de fédéralistes mous ou de nationalistes.

En fait, le but inavoué de cette démarche est de contrer l'impasse électorale dans laquelle se trouve le Parti québécois, qui a besoin de faire le plein de votes. Une fois au pouvoir, on mise sur le fait que le Canada ne sera pas en mesure de proposer un fédéralisme renouvelé et que le choix qui s'offrirait aux Québécois se ferait alors entre l'indépendance ou le fédéralisme de 1982, selon ce qu'il était lors du rapatriement de la Constitution.

C'est un choix qui prend des airs de mascarade. On se doute bien que personne au Québec n'accepterait un statu quo constitutionnel, ce qui ferait gonfler à coup sûr le score de l'option souverainiste dans un éventuel référendum «nouveau genre».

La proposition de Nicolas Marceau n'a toutefois pas eu l'heur de séduire les candidats déclarés à la course à la chefferie du Parti québécois. Aucun d'entre eux ne s'est empressé de la faire sienne.

Ce n'est, au fond, peut-être pas si étonnant. Parce que même en travestissant l'idée sous différents habits et autant de fards, il reste que la réalisation de la souveraineté est toujours l'article premier du programme du Parti québécois.

Un candidat qui ouvrirait la porte à un fédéralisme renouvelé partirait avec deux prises.

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