La stratégie de l'épouvantail

La semaine dernière, les dirigeants de la RGMRM... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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La semaine dernière, les dirigeants de la RGMRM ont pris tout le monde par surprise en brandissant le spectre d'une impossibilité de procéder à la collecte des ordures à compter de cette semaine, puisque le lieu d'enfouissement technique de Saint-Étienne-des-Grès était «plein».

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) S'il y a un constat qu'on peut faire, dans le dossier de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) et du ministère de l'Environnement, c'est que la stratégie de l'épouvantail a fonctionné. Les parties ont réussi à se parler et à trouver une solution mitoyenne, temporaire, qui semble faire l'affaire de tout le monde.

La semaine dernière, les dirigeants de la RGMRM ont pris tout le monde par surprise en brandissant le spectre d'une impossibilité de procéder à la collecte des ordures à compter de cette semaine, puisque le lieu d'enfouissement technique de Saint-Étienne-des-Grès était «plein».

La vérité, c'est que la Régie n'avait pas les autorisations requises pour modifier l'utilisation des cellules d'enfouissement existantes, pas plus que celles nécessaires à l'aménagement de la cellule 5.

Il aura donc fallu créer un scénario d'urgence, de donner une image forte de déchets non ramassés, pour que l'opinion publique s'emballe et que le politique ressente - enfin - la nécessité d'agir.

C'est là que l'affaire est triste. Lundi, le président de la Régie, René Goyette, se disait satisfait et débordant d'optimisme à la suite de la proposition du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Cette proposition consiste à émettre un certificat d'autorisation temporaire de quatre mois pour permettre à la RGMRM de régler différents problèmes.

D'ailleurs, le sous-ministre adjoint qui a pris la parole avec les médias, en rencontre technique, n'a pas hésité à dire que le lieu d'enfouissement technique de Saint-Étienne est celui qui est «le plus problématique au Québec». Les récriminations des élus et des citoyens de la municipalité sont loin d'être non fondées. Souhaitons que la solution temporaire mise de l'avant puisse tenir compte des sensibilités locales.

Mais pas plus tard que la semaine dernière, c'est ce même président qui avait dû mettre le poing sur la table et dénoncer l'inaction du ministère. Or, voilà que presque par magie, la collaboration revient avec le ministère.

Il ne faut pas s'étonner de savoir que le député Marc H. Plante, a quelque chose à voir avec cette soudaine réconciliation. En plus d'être l'adjoint parlementaire du ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, il est aussi et surtout député de Maskinongé, circonscription dans laquelle se trouve le lieu d'enfouissement. Il y avait un travail politique délicat à faire dans ce dossier et là-dessus, Marc H. Plante a su livrer la marchandise.

Encore là, l'intervention est venue tardivement. Ce n'est pas normal d'avoir laissé traîner jusqu'aux menaces un dossier sensible comme celui de la RGMRM et de la collecte des ordures.

Et il faudra surtout s'assurer que cette réconciliation saura se transformer en une saine communication et une collaboration à chaque étape à venir.

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