Les bâtons dans les roues

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Mais si le ministre souhaite vraiment protéger la population, celle de toute une région, il doit tout mettre en oeuvre pour éviter une crise des déchets comme on en a vu dans d'autres villes. Trente-sept municipalités de la Mauricie acheminent leurs ordures à Saint-Étienne-des-Grès.

La Presse Canadienne

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le ministère de l'Environnement a souvent changé d'appellation au cours des dernières années. Présentement, on l'appelle «ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques». On pourrait toutefois suggérer qu'il modifie une fois de plus son nom. Et qu'on l'appelle «ministère des Bâtons dans les roues».

Les récents épisodes des délais dans l'émission des certificats d'autorisation demandés par la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) ou des exigences absurdes concernant l'élimination du lixiviat contenant du zinc illustrent parfaitement la déconnexion entre les fonctionnaires du ministère et la réalité des organismes sur le terrain.

Quand les représentants de la RGMRM sont obligés de convoquer une conférence de presse pour annoncer, en catastrophe et avec sans doute un peu de stratégie, que l'organisme ne pourra plus procéder à la collecte des ordures à partir du 2 juin parce qu'il n'y a plus de place au lieu d'enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès, c'est qu'il y a un problème en quelque part. Ou de la mauvaise foi.

On dit qu'il n'y a plus de place mais ce n'est pas tout à fait exact. Le lieu d'enfouissement technique de Saint-Étienne n'est rempli qu'à 50 % de sa capacité. Ce qui bloque, c'est les autorisations pour modifier en hauteur la géométrie de la cellule numéro 4 pour y enfouir davantage de déchets.

On a donc laissé en plan l'aménagement de la cellule 5, espérant obtenir l'aval du ministère pour les travaux proposés. L'objectif derrière cette démarche était de réaliser des économies importantes.

Mais le ministère tarde à donner les autorisations nécessaires, ce qui a fait dire jeudi à l'Assemblée nationale au député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, que le ministre imposait en quelque sorte une solution inutile qui coûtera 20 millions $ aux citoyens de la Mauricie.

Le ministre Heurtel a indiqué que le ministère travaillait et voulait continuer à travailler avec la Régie, qu'une rencontre était en préparation entre les élus de la Mauricie, les maires de la Mauricie ainsi que les fonctionnaires du ministère. Et il a ajouté que son but était de protéger la population, surtout celle de Saint-Étienne-des-Grès qui proteste contre les projets de la RGMRM et qui subit directement les problèmes d'odeurs.

Mais si le ministre souhaite vraiment protéger la population, celle de toute une région, il doit tout mettre en oeuvre pour éviter une crise des déchets comme on en a vu dans d'autres villes. Trente-sept municipalités de la Mauricie acheminent leurs ordures à Saint-Étienne-des-Grès.

Ce n'est pas la première fois que le ministère joue les empêcheurs de tourner en rond. L'avis de non-conformité pour le rejet du lixiviat contenant du zinc occasionne des coûts entre 100 000 $ et 200 000 $ par mois à la RGMRM pour qu'elle puisse transporter la matière en question depuis Saint-Étienne-des-Grès, où elle est traitée et filtrée, jusqu'à l'usine de filtration de Trois-Rivières, où là il est correct de la déverser. On parle de la même matière, dans la même rivière...

C'est sans compter cette nouvelle exigence sur la dispersion des odeurs. Le ministère veut une étude qui couvre une zone de dix kilomètres à la ronde, alors qu'une étude avait déjà été faite pour un rayon d'un kilomètre autour du lieu d'enfouissement.

Même les médias ont souvent maille à partir avec le ministère lorsque vient le temps d'avoir des entrevues ou des réponses à certaines questions pourtant simples. Il faut parfois attendre des semaines, voire des mois.

Vraiment ce ministère est loin d'être un facilitateur. Ça peut être rassurant à certains égards, puisqu'il est voué à la protection de l'environnement, un sujet sensible s'il en est un.

Mais ça peut aussi être irritant, quand d'autres personnes ou organismes, liés à cette même mission, sont confrontés à une réalité qui nécessite un peu plus de diligence.

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