À bout de bras

Bien des organismes communautaires sont portés à bout... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Bien des organismes communautaires sont portés à bout de bras par des dirigeants, des coordonnateurs et des bénévoles qui deviennent des modèles de résilience tant on les voit se retrousser constamment les manches et vouloir à tout prix poursuivre la mission de leurs organismes. On voit sur la photo, Marie-Josée et Sylvie Tardif.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ça devient presque une tradition. Une bien triste tradition, si vous voulez mon avis. Les bénévoles de COMSEP devront, cette année encore, se poster à différentes intersections pour procéder à une collecte de dons auprès des automobilistes afin de combler le déficit de 30 000 $ de l'organisme.

L'an passé, les compressions gouvernementales avaient eu un violent impact sur les finances de COMSEP, qui avait alors enregistré un déficit de 47 000 $. Devant cette situation, les maigres salaires ont été gelés, des postes ont été abolis et certaines activités ont été annulées ou considérablement réduites.

Le cas de COMSEP en est un parmi d'autres. Bien des organismes communautaires sont portés à bout de bras par des dirigeants, des coordonnateurs et des bénévoles qui deviennent des modèles de résilience tant on les voit se retrousser constamment les manches et vouloir à tout prix poursuivre la mission de leurs organismes.

Ce qui est honteux, dans le cas de COMSEP, c'est que l'organisme ne reçoit que de très maigres subventions de la part de la Ville de Trois-Rivières.

La Ville a des programmes étoffés qui fonctionnent bien pour subventionner les artistes, les clubs de sport, les organismes de loisirs, les festivals et les événements. Mais en matière de développement social, c'est encore très mince.

De façon récurrente, COMSEP ne reçoit que 1000 $ annuellement de la part de la Ville. De temps en temps, il peut y avoir des montants qui s'ajoutent pour des projets spécifiques en développement social ou en médiation culturelle, notamment.

Mais il s'agit bien souvent de petits montants, lorsqu'il y en a, puisque la Ville ne dispose que de 65 000 $ pour l'aide au développement social ou 20 000 $ pour la médiation culturelle, et ce, pour l'ensemble des organismes sur son territoire.

Bien sûr l'aide de la Ville prend d'autres formes, non négligeables, mais encore insuffisantes. COMSEP bénéficie, grâce à la Commission municipale du Québec, d'une réduction de taxes pour ses installations de la rue Saint-François-Xavier. Et la Ville apporte une aide technique à l'occasion, notamment avec le prêt de certains équipements.

Il serait grand temps que la Ville, qui s'est pourtant dotée d'une politique de développement social avec plein de nobles objectifs et de beaux axes d'intervention, se donne les moyens de la mettre en oeuvre efficacement.

Le triste constat que l'on fait, c'est qu'il n'y a pas de véritable volonté politique de financer le milieu communautaire. Et c'est facile de se rabattre sur les champs de compétences pour dire que le municipal n'a pas à verser d'argent.

C'est vrai que le municipal n'a rien à voir, par exemple, dans le volet alphabétisation qui fait la renommée de COMSEP. Mais il faut voir plus loin et constater que la présence d'organismes comme COMSEP contribue à améliorer la cohésion sociale dans les quartiers populaires.

Conséquemment, cela réduit les vols, la violence, les méfaits. Cela favorise aussi une meilleure cohabitation entre les classes sociales.

Indirectement, les actions de COMSEP ont un impact sur la prévention du crime, la qualité de vie dans un milieu, la sécurité publique. Et ça, c'est directement dans les compétences de la Ville.

Il n'y a pas que COMSEP qui rend de fiers services à la Ville.

Beaucoup d'autres organismes communautaires le font aussi. La Ville, qui nage dans les surplus, doit-on le rappeler, devrait songer à bonifier les fonds existants ou créer un programme qui l'aide à accomplir sa mission de développement social si bien élaborée dans sa politique.

Comme le dit souvent le maire Lévesque, il faut que les bottines suivent les babines...

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