Une vraie farce... pas comique du tout

Justin Trudeau aux Communes, mercredi... (Photo CHRIS WATTIE, PC)

Agrandir

Justin Trudeau aux Communes, mercredi

Photo CHRIS WATTIE, PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Petit Robert définit une farce comme étant une petite pièce comique populaire très simple où dominent les jeux de scène. Par extension, on dit aussi qu'il peut s'agir d'une action réelle qui se déroule comme une farce, qui a quelque chose de bouffon.

Ça correspond à peu près à ce qui s'est passé mercredi à la Chambre des communes. Une situation surréaliste, absurde. Un moment qu'on n'aurait jamais du voir dans l'enceinte du parlement. Mais tous les ingrédients y sont, l'aspect comique en moins: une situation tendue depuis plusieurs jours, un projet de loi qui soulève les passions, un blocus physique de députés néodémocrates, un accès de colère du premier ministre, une réaction exagérée d'une députée bousculée, des regards agressifs entre parlementaires...

L'incident en soi est déplorable. Le premier ministre Justin Trudeau, las de voir des députés néodémocrates faire obstruction au whip de l'opposition officielle, se lève de son siège et, d'un pas décidé, se dirige vers ce député conservateur pour l'agripper par le bras et le soustraire au blocus des députés du NPD. L'objectif derrière tout ça: permettre à la Chambre de reprendre ses travaux dans le débat sur l'aide médicale à mourir.

Mais il est tout aussi déplorable d'avoir voulu gonfler un peu l'événement, faire un peu de théâtre - comme le font souvent les joueurs de soccer - et accuser le premier ministre qu'il est indigne de sa fonction. Un moment donné, il faut arrêter de charrier.

D'accord, c'est un spectacle peu édifiant, surtout de la part d'un premier ministre. Il a carrément perdu son self-control et ce n'est pas normal. Mais il a présenté des excuses sincères, deux fois plutôt qu'une. Et lui-même a indiqué qu'il serait approprié de référer l'incident au comité parlementaire de la procédure et des affaires de la Chambre. Visiblement, Justin Trudeau n'était pas fier de son coup. Les néodémocrates ne devraient pas être fiers du leur non plus.

Tout a été mis en oeuvre pour alimenter encore davantage le cynisme envers nos institutions. Les députés impliqués dans cette échauffourée se sont comportés comme des gamins dans une cour d'école.

Tout ce que l'événement démontre, au-delà d'un manque de respect envers l'institution qu'est le Parlement et envers les parlementaires eux-mêmes, c'est que la situation était devenue tendue, voire insoutenable. Les travaux de la Chambre des communes étaient paralysés, le gouvernement voulant faire passer sa loi rapidement, en contournant les procédures et les délais habituels.

En fait, l'incident démontre surtout que le gouvernement de Justin Trudeau semble avoir de sérieuses difficultés à gérer adéquatement les travaux parlementaires sur des sujets aussi importants que l'aide médicale à mourir ou la réforme électorale.

Jeudi, le leader du gouvernement en Chambre, Dominic LeBlanc, a annoncé le retrait de la motion 6, qui aurait permis au gouvernement de prolonger de façon quasi absurde les débats à la Chambre des communes pour faire avancer son agenda politique comme bon lui semble avant le congé estival. La motion aurait ouvert la porte à la tenue de débats à n'importe quelle heure de la journée, de la soirée ou même de la nuit.

On s'attendait à mieux que ça de la part d'un gouvernement qui souhaitait mieux faire que les conservateurs, champions du bâillon en fin de session parlementaire.

Les partis d'opposition se sont réjouis du retrait de la motion 6. Mais sur le plan de la perception de la population, le mal est fait.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer