Le dilemme des surplus

Le conseil municipal de Trois-Rivières.... (François Gervais)

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Le conseil municipal de Trois-Rivières.

François Gervais

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Ville de Trois-Rivières vient de présenter son rapport financier pour 2015 et on ne s'étonne plus de voir qu'un confortable surplus a une fois de plus été dégagé.

Les élus et fonctionnaires trifluviens nous ont habitués à ces surplus et il est normal de se demander si, compte tenu de ces revenus récurrents, la Ville est justifiée d'augmenter les taxes.

Chaque fois que revient le mois de décembre et la présentation du budget, avec le dévoilement des hausses de taxes qui y sont systématiquement associées, plusieurs citoyens ramènent sur la table la question des surplus. Ils n'ont pas tort de le faire.

Pour 2015, la Ville a dégagé un surplus de 10,2 millions $. C'est environ 4 % du budget total de la Ville.

En principe, comme les villes ne peuvent pas légalement faire de déficit, elles présentent des budgets équilibrés et règle générale, elles dégagent des surplus. La ligne est mince lorsque vient le temps de déterminer ce que serait un surplus acceptable par rapport à un surplus outrancier.

Au cours des neuf dernières années, Trois-Rivières a toujours, donc, présenté des budgets équilibrés. Si on fait le total des surplus anticipés dévoilés lors de la présentation du rapport sur la situation financière, chaque automne, ils totalisent 33,1 millions $.

D'accord, ces surplus anticipés sont très théoriques et leur sous-estimation fait presque figure de rituel. Parce que lorsqu'on fait le total des surplus réels enregistrés entre 2007 et 2015 inclusivement, on atteint 89,2 millions $. Ça nous donne une moyenne annuelle d'à peu près 10 millions $.

La bonne nouvelle, c'est que Trois-Rivières s'est dotée, en 2013, d'une politique de gestion de la dette qui prévoit qu'au moins 25 % des surplus doivent être consacrés au remboursement de la dette. La Ville s'applique à le faire chaque année depuis et on en voit les effets sur le ratio d'endettement par rapport à la richesse foncière uniformisée.

Cette année, les élus ont choisi de verser 6 millions $ sur la dette, ce qui est largement supérieur au seuil de 25 % décrété dans la politique de 2013.

L'utilisation des surplus pour des investissements spécifiques permet souvent d'éviter d'aller en règlement d'emprunt, ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi.

Et il convient toujours de garder un coussin que l'on bascule au surplus accumulé dans le cas d'une tuile majeure.

Le fait de dégager des surplus considérables témoigne davantage d'une saine gestion des fonds publics que d'un laxisme dans l'estimation des revenus et des dépenses. Mais sur le plan politique, cela prête le flanc à la critique ou à l'inconfort des contribuables, à qui on en demande toujours plus, année après année, peu importe le montant du surplus.

Et même si le calcul de la péréquation municipale versée par Québec n'a rien à voir avec les surplus, il reste que des maires de la Côte-Nord auront encore toutes les raisons d'être jaloux de Trois-Rivières, une des plus gâtées par ces paiements de transferts.

Pour 2016, la Ville reçoit 2,6 millions $ en péréquation, ce qui est à peu près le même montant que Shawinigan. Les deux principales villes de la Mauricie sont les championnes de la péréquation au Québec, ne l'oublions pas.

Quoi qu'il en soit, puisque la Ville dégage systématiquement des surplus, il convient peut-être de suggérer aux élus comment ils pourraient utiliser la portion non consacrée au remboursement de la dette. Le parc de l'Île Saint-Quentin? La réfection des chaussées un peu partout? Le paiement d'une cotisation annuelle à l'UMQ?

Des idées? Nos pages vous sont ouvertes.

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