Volte-face pour la réussite

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Et tant mieux si on décide d'aller de l'avant avec la maternelle 4 ans offerte partout au Québec. Plus les problèmes sont décelés tôt, plus on peut en amoindrir les effets à long terme.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Étonnant, ce mea culpa des libéraux en matière d'éducation. La volte-face spectaculaire, évoquée vendredi puis confirmée au cours de la fin de semaine, alors que les militants du Parti libéral étaient réunis en conseil général, survient à un moment où on semblait se perdre dans les réformes structurelles ou organisationnelles.

Le nouveau ministre, Sébastien Proulx, veut placer l'élève et sa réussite au coeur des interventions du gouvernement.

Il était grand temps qu'on se rende compte que dans toute politique en matière d'éducation, c'est justement l'élève qui doit primer.

Au cours des dernières années, on s'est quelque peu égaré en modifiant les commissions scolaires, en voulant jouer dans leur gouvernance après avoir évoqué l'idée de les abolir, et en tentant de trouver une solution de rechange aux élections scolaires.

Voilà que maintenant, on balaie sous le tapis le projet de loi 86 sur la gouvernance et on ne souhaite que garder les éléments de décentralisation et d'octroi de pouvoirs accrus aux établissements.

Disons qu'en effet, le fonctionnement des élections scolaires et le nombre de commissaires apparaissaient comme étant des préoccupations qui n'avaient pas vraiment d'impact sur la réussite de l'élève.

N'empêche, un jour ou l'autre, il faudra bien se demander comment on peut faire pour augmenter le taux de participation à ces élections scolaires, pour peu qu'on les conserve. Ça coûte tout de même 20 millions de dollars, élire des commissaires...

L'annonce du ministre Proulx, qui ouvre notamment la porte à l'instauration de l'école obligatoire de 4 à 18 ans et l'abandon du projet de loi sur la gouvernance scolaire, a surpris tout le monde. Espérons maintenant que les résultats, même s'ils sont attendus à moyen et à long termes, seront tout aussi surprenants. Positivement, bien sûr.

Le premier ministre Couillard disait cette fin de semaine qu'il voulait s'inspirer de ce que font les commissions scolaires anglophones, dont le taux de réussite est toujours supérieur à celui des commissions scolaires francophones.

Les idées évoquées dans la réforme annoncée par son ministre de l'Éducation, bien qu'elles semblent avoir été picorées dans le programme de la Coalition avenir Québec, s'inspirent en fait de pratiques exemplaires dans certains États américains et dans d'autres provinces canadiennes.

On n'invente rien: on prend exemple sur ceux qui sont au sommet des palmarès en matière de réussite scolaire. Et c'est la meilleure chose à faire.

Le ministre entend présenter dès cet automne un document de consultation en vue d'adopter une «politique sur la réussite éducative», politique qui devrait être prête au début de l'année prochaine. On se doute bien que l'accent devra être mis sur les programmes, sur le contenu et sur les méthodes d'enseignement.

Mais les récentes années démontrent aussi et surtout le besoin criant de spécialistes comme des orthopédagogues ou des psychoéducateurs dans les écoles. On doit absolument augmenter le ratio de professionnels qui sont souvent les mieux placés pour déceler les problèmes d'apprentissage et donner les outils appropriés aux élèves dans une telle situation.

Et tant mieux si on décide d'aller de l'avant avec la maternelle 4 ans offerte partout au Québec. Plus les problèmes sont décelés tôt, plus on peut en amoindrir les effets à long terme.

Dans cette volonté d'améliorer le taux de diplomation et de réduire le nombre d'années qu'il faut aux jeunes québécois pour obtenir leur diplôme, il faudra aussi se pencher, tôt ou tard, sur un autre sujet qui pèse lourd dans l'atteinte de ces objectifs: la formation des maîtres.

S'il fallait exercer un contrôle de la qualité sur ce qui sort des programmes universitaires d'enseignement préscolaire, primaire ou secondaire, on aurait peut-être des surprises inquiétantes.

N'empêche, dans une province où le taux d'analphabétisme frôle les 20 % et où plus du tiers de la population est fonctionnellement analphabète, il y a quelque chose de rassurant dans cette volonté de faire de l'éducation la priorité parmi les priorités.

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