La chaise vide

Yves Lévesque... (François Gervais)

Agrandir

Yves Lévesque

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les quatre-vingt-quinzièmes assises annuelles de l'Union des municipalités du Québec ont pris fin vendredi à Québec. Ça vous dit quelque chose, cet organisme? Il fut un temps où Trois-Rivières en était membre. Depuis l'an passé, cependant, le maire joue la politique de la chaise vide. Il a claqué la porte de l'UMQ et justifie encore son geste en disant que la Ville n'a jamais rien retiré de son adhésion à l'organisme.

Peut-être que le maire a en partie raison. Trois-Rivières n'a peut-être pas reçu d'avantages directs et individuels de son adhésion à l'organisme, mais de façon plus globale, il y a assurément des gains collectifs, des occasions de faire valoir une position, des échanges nécessaires sur des pratiques en gestion municipale. Le pouvoir, surtout, de faire changer les choses.

Trois-Rivières trouve qu'elle ne reçoit pas assez d'avantages par rapport au montant de la cotisation qu'exige l'UMQ? La moindre des choses serait de le dire à l'UMQ, de faire en sorte que l'organisme puisse se questionner sur son organisation, ses coûts et, justement, sur les tarifs pour en être membre. Mais malheureusement, Trois-Rivières n'y est pas.

Et Trois-Rivières passe aussi à côté de belles occasions. On en a un bel exemple avec la tenue, au cours des prochains jours, de la toute première mission économique organisée par l'UMQ dans des pôles économiques de l'État de New York. Pendant trois jours, une quarantaine de représentants politiques et de dirigeants d'entreprises se rendront à Syracuse et à Rochester, notamment. Des représentants de Drummondville, Shawinigan, Gatineau, Granby et Alma seront du voyage.

Une belle occasion d'établir des contacts, de développer des partenariats. Mais Trois-Rivières n'y sera pas. Elle n'est pas membre de l'UMQ.

Ç'aurait été une belle occasion de redémarrer la machine de prospection économique à l'étranger, que le dg d'Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, Mario De Tilly, a timidement évoquée plus tôt cette semaine.

Pendant que Trois-Rivières boude encore, Shawinigan et Drummondville brasseront des affaires dans l'État de New York.

Il est trop tôt pour dire s'il y aura ou non des retombées concrètes. Mais on n'entendra certainement pas les maires de ces deux villes dire qu'ils ne retirent absolument rien de l'UMQ. Michel Angers et Alexandre Cusson sont tous les deux membres du conseil d'administration de l'UMQ. Trois-Rivières, n'étant pas membre, ne se retrouve même pas au caucus des grandes villes, où siègent pourtant les maires des huit autres villes de plus de 125 000 habitants.

Quand Yves Lévesque a claqué la porte de l'UMQ, il espérait probablement que le mécontentement à l'égard du pacte fiscal crée un mouvement de désistement qui aurait pu avoir un impact certain sur les pourparlers entre l'UMQ et le gouvernement. Mais Trois-Rivières s'est plutôt isolée.

Le plus triste, c'est que le maire continue de justifier ce départ en banalisant le rôle de l'UMQ et en disant de ses assises qu'elles ne sont qu'une occasion d'aller manger et coucher à l'hôtel pendant trois jours.

S'il y a une qualité qu'on doit reconnaître à Yves Lévesque, c'est sa capacité à convaincre, à mener des discussions informelles, à faire du travail de coulisses. Il aurait pu, s'il s'était moindrement impliqué à l'UMQ comme l'ont été avant lui Guy LeBlanc et Jean-Claude Beaumier, avoir un poids considérable dans plusieurs dossiers.

Et s'il était conséquent avec son discours selon lequel l'adhésion à une communauté d'intérêts est pratiquement inutile, il faudrait alors qu'il décourage ses hauts fonctionnaires de prendre part aux activités de l'Association des directeurs généraux des municipalités du Québec, à l'Association des chefs de services d'incendie, à la Corporation des officiers municipaux agréés du Québec, à l'Association des communicateurs municipaux du Québec, à l'Ordre des urbanistes du Québec, à l'Association des évaluateurs municipaux du Québec, à l'Association de géomatique municipale, à l'Association des urbanistes et aménagistes municipaux, à l'Association québécoise du loisir municipal, à l'Association des greffiers de cours municipales du Québec ou à l'Association des gestionnaires financiers municipaux du Québec. Pour ne nommer que ceux-là...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer