Un vent de renouveau

Sylvain Gaudreault... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Sylvain Gaudreault

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La désignation de Sylvain Gaudreault comme chef intérimaire du Parti québécois et la course à la direction qui se précise peu à peu permettent de dégager un constat intéressant. Un vent de renouveau semble souffler sur ce parti plongé dans l'émoi en début de semaine avec le départ de celui qui, aux yeux d'un bon nombre de militants, incarnait le mieux l'espoir de réaliser la souveraineté.

On avait qualifié Pierre Karl Péladeau de sauveur, de messie. Il était, pour plusieurs, celui dont le PQ avait besoin pour se remettre en selle.

Maintenant que ce qu'on a appelé le «moment Péladeau» est derrière nous, les députés, militants et partisans du Parti québécois semblent vouloir croire que, finalement, ce sera le prochain chef qui sera le bon. Et on dira sans doute la même chose du suivant si jamais ça ne marche pas ou que ça marche peu longtemps avec le prochain...

Mais pour l'instant, ce qui semble se dégager c'est que le Parti québécois se tourne vers ses «jeunes» pour prendre le relais.

Enfin, le mot «jeune» est un mot bien relatif, mais en politique, on peut dire sans se tromper que la fin trentaine et le début de la quarantaine, c'est plutôt jeune. Sylvain Gaudreault, le nouveau chef intérimaire, de même que Véronique Hivon et Alexandre Cloutier, les principaux prétendants à la chefferie, sont tous dans cette tranche d'âge.

Ça, c'est intéressant pour que le PQ puisse espérer aller chercher des appuis auprès des jeunes, une clientèle qu'il a déjà eue. Mais qui a vieilli avec lui.

Et les jeunes électeurs d'aujourd'hui sont beaucoup plus sensibles à la notion de gauche et de droite plutôt que du sempiternel débat entre l'option souverainiste et le fédéralisme.

Dans cette optique, on ne peut pas dire que le passage de PKP au Parti québécois laisse une impression de sensibilité envers la gauche ou envers une vision plus progressiste sur le plan social. Le chef démissionnaire était un homme d'affaires puissant, intraitable. Son passé était truffé de luttes contre les syndicats. Et ses fréquentations étaient beaucoup plus dans le quartier des affaires que dans les quartiers populaires.

Le geste de main tendue envers les militants de Québec solidaire, peu de temps avant l'annonce de son départ, était un geste téléguidé par les véritables tenants de l'idée d'un rassemblement des forces souverainistes. Parmi eux se trouvent Véronique Hivon, qui signait avec Pierre Karl Péladeau la lettre d'opinion parue dans certains médias il y a deux semaines à peine et qui appelait à la convergence souverainiste.

La députée de Joliette s'est aussi distinguée en tant que rassembleuse dans le dossier de l'aide médicale à mourir et la commission «Mourir dans la dignité» qui en a découlé. Elle a piloté ce dossier de main de maître.

Et aujourd'hui, elle se retrouve parmi les plus probables candidats à la succession de Pierre Karl Péladeau.

Dans cette course, elle retrouverait aussi, vraisemblablement, son ami de longue date, Alexandre Cloutier. Un autre candidat d'envergure.

À 38 ans, le député de Lac-Saint-Jean a déjà un parcours impressionnant, une solide formation et une expérience parlementaire considérable. Lors de la dernière course au leadership, il avait terminé bon deuxième avec beaucoup moins de moyens que son célèbre rival, recueillant tout de même 29 % des votes. Cette course lui aura donné beaucoup de visibilité, généralement très positive.

D'autres noms pourraient s'ajouter à la ligne de départ de la course à la direction du PQ. On ne parle plus de Jean-Martin Aussant, ni de Bernard Drainville, mais les noms de Martine Ouellet et de Nicolas Marceau flottent encore.

Pendant que souffle sur le PQ un vent de renouveau, il y a encore des «belles-mères» comme Bernard Landry qui plaident pour un couronnement d'Alexandre Cloutier.

Ça, c'est triste. Le parti n'a plus besoin de telles interventions.

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